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Les professionnels du transport aérien alertent le futur Président

Les professionnels du transport aérien interpellent le futur gouvernement

Les professionnels du transport aérien interpellent le futur gouvernement - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La fiscalité qui pèse sur les compagnies aériennes françaises menacerait "16.000 emplois" au cours des cinq ans à venir, selon la Fédération nationale de l'aviation marchande qui demande notamment une harmonisation des règles au niveau européen.

Moins de deux semaines avant le premier tour de l'élection présidentielle, la Fédération nationale de l'aviation marchande (FNAM) a décidé d'alerter le futur gouvernement sur le "poids croissant" des charges payées par les compagnies aériennes françaises et qui menaceraient selon ses membres "16.000 emplois" au cours du prochain quinquennat. Un chiffre plus important encore que durant les cinq dernières années, où, selon Pascal de Izaguirre, PDG de la compagnie aérienne Corsair, 11.000 emplois ont disparu.

La FNAM, qui regroupe des compagnies aériennes françaises, pointe du doigt mercredi le coût des charges et de la fiscalité qui entraverait la compétitivité de ses membres, face notamment à la concurrence des transporteurs du Golfe. "Nous sommes confrontés à une concurrence déloyale avec des différentiels sociaux, fiscaux et réglementaires qui entraînent des écarts de compétitivité très significatifs par rapport aux compagnies étrangères", a déclaré Pascal de Izaguirre.

Un déficit de compétitivité de 1,6 milliard d'euros

La FNAM estime que le déficit total de compétitivité par rapport aux compagnies étrangères se chiffre à 1,6 milliard d'euros, "dont 800 millions d'euros d'origine réglementaire qui pourrait être corrigé avec un coût nul pour l'État", a détaillé Alain Battisti, à la fois président de la FNAM et de Chalair Aviation. Pour permettre "un choc de compétitivité", les professionnels du secteur demandent notamment l'harmonisation des charges et des coûts de production à l'échelle européenne, ainsi que la prise en charge par les pouvoirs publics des équipements de sûreté, actuellement à la charge des compagnies. 

"Ce n'est pas révolutionnaire, nous demandons simplement la stabilisation des taxes et redevances aéronautiques sur la durée du futur mandat présidentiel", a résumé Jean-Marc Janaillac, PDG d'Air France-KLM. La FNAM a chiffré à 190 millions d'euros par an l'impact de son plan de "compétitivité" pour le transport aérien en France en cas d'application par le futur gouvernement.

P.L avec AFP