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Les jets privés, des outils d'évasion fiscale?

L'évasion de deux pilotes français de République Dominicaine relance l'affaire Air Cocaïne. Et met sous le feu des projecteurs le rôle des avions privés dans les trafics internationaux.

L'affaire Air Cocaïne et l'évasion des deux pilotes français de République Dominicaine est sur toutes les lèvres. Alors qu'ils avaient interdiction de quitter le territoire dominicain, les deux hommes ont réussi à prendre la fuite et à rentrer en France. Condamnés à 20 ans de prison pour trafic de drogue et laissés en liberté dans l'attente de leur appel, ils avaient été interpellés en 2013 aux commandes d'un Falcon dans lequel se trouvaient 26 valises remplies de cocaïne. Les deux pilotes ont toujours nié avoir connaissance de la nature de leur chargement.

Cette affaire est l'occasion de se pencher sur l'aviation d'affaires et son rôle parfois trouble dans les trafics en tous genres. Louer un avion privé et y transporter ce que l'on veut, en toute tranquillité: rien de plus facile. C'est presque une règle établie.

En effet, avion d'affaires équivaut à confidentialité. Lors d'un vol en jet privé, les bagages ne sont que très peu contrôlés. Les douaniers sont quasi-absents et les plans de vol peuvent se faire en toute discrétion. Rien qu'en Suisse, par exemple, il existe 29 aéroports sans bureau de douane. Il y en a même sans tour de contrôle!

Europol sur le coup

En France, un petit avion a été intercepté sur un aérodrome du Pas-de-Calais avec à son bord 63 kg d'amphétamines. Mais le premier produit qui circule en toute illégalité, c'est l'argent liquide. Il y a quelques années, un comptable de la Banque du Vatican avait été mis en cause pour avoir tenté de faire passer plusieurs millions d'euros dans les soutes d'un avion d'affaires.

D'autres peuvent transporter des tableaux de maîtres ou des bijoux. On estime que les trajets illégaux représentent 7% du trafic d'affaires européen. Europol, la police européenne, dénonce régulièrement la situation, en premier lieu de simples fraudes à la TVA, que ce moyen de transport permet facilement de ne pas déclarer, donc de ne pas payer.

Isabelle Gollentz