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Les équipementiers auto saluent le fonds de 600 millions d'euros mais il "ne suffira pas" à lui seul

Invité de BFM Business, Claude Cham, président de la Fédération des industries des équipements pour véhicules, salue le plan de relance de l'automobile mais estime qu'il faudra aller plus loin avec la filière sur les investissements.

La réaction des équipementiers automobile face au plan de soutien à la filière présenté par le président de la République Emmanuel Macron ce mardi est mitigée. Sur BFM Business, Claude Cham, président de la Fiev (Fédération des industries des équipements pour véhicules) estime certes que, globalement, "le compte y est". Le responsable salue ainsi le renforcement des aides à l'achat. 

Sur ce point, il écarte les risques de distorsion du marché pointés par Peugeot notamment. Car contrairement aux primes à l'achat des dernières années qui "soutiennent pendant un certain temps quelques modèles" neufs et "qui boostent artificiellement les ventes", le dispositif présenté couvre quasiment toutes les catégories de véhicules, notamment les occasions et les véhicules utilitaires légers pour les entreprises.

Mais Claude Cham est beaucoup plus critique concernant le volet "offre" de ce plan. Rappelons que l'Etat prévoit notamment de financer un fonds d'investissement de 600 millions d'euros pour soutenir la filière automobile en modernisant "l'ensemble de la filière et donc des sous-traitants" et en consolidant "les secteurs de la sous-traitance qui seront fragilisés dans la période à venir." 

Un marché "pas mature avant 2025"

"Ca ne suffira pas", alerte le responsable. "Si on arrête à cela, c'est insuffisant. Par contre, c'est un début et je pense qu'on peut accompagner cet effort par d'autres apports de fonds".

Et de poursuivre: "il est certain que les investissements que nous avons à faire sur les véhicules électriques, les véhicules hybrides rechargeables sont dans les années qui viennent devant nous extrêmement importants. Nous sommes en 2020, le marché ne sera pas mature avant 2025, ce qu'il faut, c'est tenir ce 'gap' (écart, NDLR) entre 2020 et 2025, c'est un gros gap".

Olivier Chicheportiche