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Les compagnies aériennes invitées à faire le plein de kérosène à l'étranger

Les aéroports parisiens, ici Roissy, ont encore 6 jours de réserves

Les aéroports parisiens, ici Roissy, ont encore 6 jours de réserves - Kenzo Tribouillard - AFP

"La DGAC conseille aux compagnies de profiter de leur escale hors de France pour remplir deux fois plus qu'à l'ordinaire les réservoirs des avions. Elle considère néanmoins que la situation n'est pas encore "alarmante" dans les aéroports français."

Mieux vaut prévenir que guérir. La direction générale de l'aviation civile (DGAC) applique cette maxime à la lettre. Selon nos informations, elle a ainsi envoyé mercredi 25 mai une notice (une "Notam" dans le jargon pour "Notice to AirMan") valable jusqu'à nouvel ordre, à destination des pilotes et des compagnies aériennes.

Dans ce document, la DGAC leur conseille fortement de pratiquer "le double emport", c'est-à-dire de suffisamment remplir les réservoirs lorsqu'ils font escale à l'étranger afin de pouvoir assurer deux vols consécutifs. Cette recommandation vaut pour tous les vols courts, comme par exemple un Paris-Berlin, un Lyon-Rome ou un Nantes-Bruxelles. Le but étant évidemment de prévenir une pénurie due aux blocages des raffineries et des des terminaux pétroliers menés par les opposants à la loi Travail.

Cette notice n'a "rien de contraignant", précise la DGAC, ajoutant qu'il s'agit d'un "conseil appuyé", d'abord envoyé à trois aéroports mercredi, avant d'être étendu à sept autres. Sont ainsi concernés: Paris-Orly, Paris-Charles-de-Gaulle, Beauvais, Figari, Marseille, Nice, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Lyon, Rennes et Dinard.

Un surcoût pour les compagnies aériennes

La direction de l'aviation civile explique également qu'il n'y a aucun risque à faire atterrir un avion qui pratiquerait le double emport. D'abord, parce que les réservoirs ne sont jamais totalement remplis sur les vols courts. Ensuite parce que des procédures existent pour brûler le kérosène en vol en cas de problème.

Au passage, la DGAC se veut rassurante: les aéroports d'Orly et de CDG disposent actuellement de six jours de réserves de carburant ce qui "n'est pas alarmant", explique-t-elle. Pour ce qui est des autres aéroports, la DGAC n'a pas de chiffre, en raison de "la diversité des situations de chaque aéroport".

Il est évident que cette méthode du double emport sur le court-courrier va générer un surcoût pour les compagnies. La DGAC l'admet mais ne se risque pas à donner le moindre chiffre. Interrogée, Air France n'était pas en mesure de répondre à nos questions au moment de la parution de l'article.

Paul Aveline et Julien Marion