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Le tribunal de commerce refuse un sursis à la compagnie MyFerryLink

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- - Denis Charlet - AFP

Le tribunal de commerce de Boulogne-sur-mer a refusé, ce 29 juin, d'accorder un sursis à la compagnie dont les contrats d'affrètement des navires avec leur propriétaire Eurotunnel prennent fin le 1er juillet à minuit. Les marins de la compagnie ont décidé de bloquer le port.

Pas de sursis pour MyFerryLink. Le tribunal de commerce de Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais) a refusé lundi d'accorder un délai supplémentaire à la compagnie MyFerryLink, dont les contrats d'affrètement des navires avec leur propriétaire Eurotunnel prennent fin le 1er juillet à minuit, indique en substance la décision dont l'AFP a pris connaissance.

"Le tribunal de commerce de Boulogne n'a pas fait droit aux demandes des administrateurs. A compter du 2 juillet, la Scop SeaFrance perd son outil de travail, perd ses navires, et devra probablement cesser son activité. C'est une catastrophe", a réagi une des avocates de la Scop auprès de l'AFP.

Les marins de MyFerryLink bloquaient ont décidé de bloquer le port de Calais (Pas-de-Calais) après cette décision. "Pour l'instant, on se concentre sur le port", a indiqué à l'AFP Eric Vercoutre, secrétaire général du Syndicat Maritime Nord, ultra majoritaire au sein de la Scop SeaFrance, qui exploite MyFerryLink. Il n'excluait pas d'autres actions, notamment au niveau du tunnel sous la Manche, dans les heures ou les jours à venir.

Un peu moins des effectifs sans emploi

Eurotunnel avait indiqué la semaine dernière avoir signé avec le transporteur danois DFDS un contrat de location, avec option d'achat en 2017, de deux de ses trois navires (le Rodin et le Berlioz) à compter du 2 juillet. Mercredi, la compagnie maritime danoise DFDS Seaways avait annoncé garder 202 des quelque 600 employés de la Scop SeaFrance dans son projet de reprise de deux des trois bateaux de MyFerryLink. Le troisième, employant 120 personnes, serait conservé par Eurotunnel pour le transport de fret. Ce sont donc un peu moins de la moitié des effectifs qui risquent de se retrouver sans emploi.

"Le tribunal a ordonné à Eurotunnel sous une astreinte de 30.000 euros par jour de retard à compter d'un délai de 48 heures de communiquer aux administrateurs de la Scop SeaFrance les contrats d'affrètement conclus avec DFDS", a expliqué à l'AFP Virginie Quenez, avocate de la Scop SeaFrance, qui exploite la compagnie MyFerryLink.

Plus de navire à compter du 2 juillet

"Nous ne sommes pas intervenus volontairement dans la procédure (lancée par les administrateurs de la compagnie, NDLR) par crainte d'un report d'audience, il appartient aux administrateurs de prendre une décision suite à ce jugement qui a été rendu", a-t-elle indiqué. Les administrateurs de la Scop n'étaient pas joignables dans l'immédiat. "Concrètement on n'a plus les navires à compter du 2 juillet", a poursuivi Me Quenez, qui devait rejoindre ses clients: "On va avoir une discussion avec les représentants des salariés. Je pense effectivement que des actions vont être mises en place."

Eric Vercoutre, secrétaire général du Syndicat Maritime Nord, ultra majoritaire au sein de la Scop SeaFrance, avait indiqué dans la matinée de lundi que les bateaux étaient à quai, dans les ports de Calais et de Douvres, dans l'attente de la décision.

Il avait averti la semaine dernière que l'été "serait chaud sur le port de Calais", si Eurotunnel persistait dans sa décision. Mardi, des membres de la Scop SeaFrance avaient causé d'importantes perturbations en bloquant le tunnel sous la Manche et le port de Calais.

C.C. avec AFP