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Le Québec veut son train monorail suspendu à grande vitesse

Le train monorail suspendu prévoit la circulation de navettes propulsées par des moteurs-roues pouvant transporter jusqu'à 70 passagers à 250 km/h sur un rail situé à environ 12 mètres du sol.

Le train monorail suspendu prévoit la circulation de navettes propulsées par des moteurs-roues pouvant transporter jusqu'à 70 passagers à 250 km/h sur un rail situé à environ 12 mètres du sol. - Coop MGV

Un train roulant à 250 km/h et à 12 m du sol pour relier en une heure Québec et Montréal: le projet a été relancé par le Premier ministre québecois. Il en coûterait de 3 à 6 milliards de dollars canadiens (2 à 4 milliards d'euros) pour cette première ligne ferrée à grande vitesse du pays.

Le Québec aura-t-il un jour son premier train à grande vitesse? Le Premier ministre de la province, Philippe Couillard, s’est engagé à lancer un appel à projets s’il est réélu en 2018 afin de créer une liaison ferrée à grande vitesse entre les villes de Québec et Montréal, distantes de 250 kilomètres.

Mais la Belle Province n'a aucune intention, a priori, d'acquérir la technologie du TGV français ni celle de l'Hyperloop. Le premier ministre québécois privilégie un train monorail suspendu à grande vitesse (MGV) de conception locale, soutenu notamment par la coopérative de recherche (coop MGV).

Des navettes de 70 passagers suspendues à 12 m du sol

Propulsé par des moteurs-roues, le monorail est un train entièrement électrique dont les navettes sont suspendues à une douzaine de mètres du sol. Capable de rouler jusqu’à 250 km/h, il relierait Montréal et Québec en un peu plus d'une heure.

"Avec des navettes qui peuvent partir et se suivre à de très courts intervalles en emportant chacune quelque 70 personnes, la capacité de transport du système peut atteindre plus de 50 millions de passagers par ligne, par année" expliquent ses promoteurs québécois de la coop MGV.

Son principal atout est de ne pas nécessiter la construction de nouveaux ouvrages d'art. L’installation des infrastructures ne requiert que des bases en béton espacées d’une quarantaine de mètres pour supporter les pylônes et les rails du monorail suspendu. "L’utilisation du sol pour le MGV est 205 fois moindre que pour un TGV et plus de 460 fois moindre que pour une autoroute" affirment ses concepteurs québécois.

Le projet du Québec exige des investissements en R&D

D’autres monorails suspendus existent à travers le monde. Ils desservent des liaisons urbaines comme celui de Wuppertal en Allemagne ou celui reliant les aérogares de l'aéroport de Düsseldorf, mais le projet du Québec est le seul à atteindre à une grande vitesse et à fonctionner avec un moteur-roue.

Ce mode de transport n'ayant aucun précédent, le MGV du Québec exigerait, avant de devenir éventuellement réalité, des investissements en recherche et développement d'environ 250 millions de dollars canadiens (164 millions d'euros) incluant la construction d'un prototype de train et son essai sur un segment de monorail.

Ensuite, la construction d'un premier tronçon de 250 kilomètres entre Montréal et Québec coûterait environ 3 et 6 milliards de dollars canadiens (2 à 4 milliards d'euros). Enfin, le projet reste suspendu à la réélection du Premier ministre québécois.

Frédéric Bergé