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Le plan Montebourg laisse les analystes dubitatifs

Pour les analystes, rien dans ce plan ne règle le problème de surcapacités des constructeurs.

Pour les analystes, rien dans ce plan ne règle le problème de surcapacités des constructeurs. - -

Le ministre du Redressement productif a présenté, ce 25 juillet, son plan de soutien au secteur automobile. Sur les mesures en faveur des véhicules à faible émission de Co2, les observateurs sont partagés.

L'Etat se met au chevet de la filière automobile française. Le gouvernement a dévoilé son plan de soutien, qui favorise en particulier les véhicules propres et innovants. Un véhicule électrique va, par exemple, bénéficier d'un bonus de 7000 euros, contre 5000 jusqu'à présent. Les véhicules hybrides recevront une prime de 4000 euros, et non plus de 2000 euros. Mais auprès des analystes, ce plan ne fait pas l'unanimité.

Pour les analystes les plus sceptiques, ce plan ne répond pas à la problématique des constructeurs. Ils rappellent que Renault et PSA sont présents sur le marché des petites citadines, des véhicules chers à produire et difficile à rentabiliser face aux nombreux concurrents.

L'opportunité de faire du marché français un spécialiste de l'énergie verte

Sans aller jusqu'à une nouvelle prime à la casse, certains d’entre eux estiment qu'il aurait été plus judicieux de mieux équilibrer les bonus avec les petits modèles thermiques.

D'autres, en revanche, préfèrent y voir une belle opportunité: celle de transformer le marché automobile français. Et surtout d'aider la filière à faire sa révolution technologique pour devenir le spécialiste de la voiture propre, avec une bonne longueur d'avance sur les constructeurs étrangers.

Reste un inconvénient de taille: cette mutation prendra de longues années. Quand Renault parie qu’une vente sur dix sera électrique en 2020, les analystes du secteur table sur une sur vingt. Et, dans l’immédiat, rien ne règle le problème de compétitivité et de surcapacités des constructeurs français...

Mathieu Sevin