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Le PDG d'Airbus se réjouit de l'euro faible

Fabrice Brégier était l'invité de BFM Business.

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Fabrice Brégier, PDG d'Airbus, était l'invité de BFM Business ce lundi 19 janvier. Il est revenu sur l'euro faible mais également les prix du pétrole ou encore le match contre Boeing.

"Airbus plaide depuis des années pour que l'euro soit plus faible". Fabrice Brégier, PDG d'Airbus, était l'invité de BFM Business ce lundi 19 janvier. Il est revenu sur la baisse de l'euro, mais également sur le contre-choc pétrolier ou encore le match Boeing-Airbus.

L'euro faible a-t-il des conséquences?

Fabrice Brégier rappelle que l'euro est revenu à son cours d'introduction, autour de 1,15 dollar pour 1 euro. "Airbus plaide depuis des années pour que l'euro soit plus faible car nous sommes 100% exportateurs et très largement en dehors de la zone euro".

Selon lui, cette baisse était absolument indispensable. "On nous avait dit pendant des années qu'on ne pouvait rien faire. La BCE a pris des mesures et cela marche. On revient à des parités qui ont permis à l'industrie européenne de s'exporter". Néanmoins, il souligne que pour un gros groupe comme le sien, les bienfaits de cette baisse ne seront visibles que dans 3 à 4 ans.

Il voudrait maintenant une certaine stabilité. "1,10 ou 1,20 dollar sont appropriés pour que l'industrie européenne soit compétitrice dans l'industrie mondiale".

Contre-choc pétrolier: quel impact?

Pour Fabrice Brégier, cette baisse des prix du baril de pétrole est positive. "Notre marché dépend de la croissance mondiale", rappelle-t-il. Des prix du pétrole bas permettent aux compagnies aériennes d'être profitables et donc d'investir plus.

Mais il rappelle qu'il faut voir les prix d'ici 5, 10 ou 20 ans.

L'A380, une déception?

Le PDG d'Airbus précise que l'A380 se situe sur un marché étroit des très gros porteurs. "Nous avons 90% de ce marché. Il a tué la concurrence. A nous de développer ce marché".

Selon lui, le but d'Airbus est de convaincre davantage de compagnies aériennes qu'elles peuvent jouer la croissance grâce à l'A380. "Nous en avons livré 152. Et nous en avons autant à livrer. Cela fait environ 25 A380 par an. A nous de continuer. Le marché du trafic aérien double de taille tous les 10 à 15 ans. On aura de plus en plus besoin d'avions plus gros".

Par ailleurs, il précise qu'il n'y aura pas de remise en cause du programme. "Il faut juste voir quand nous ferons évoluer cet avion, pour qu'il soit plus compétitif. Cette question ne se pose pas aujourd'hui. La version allongée n'est pas d'actualité. Mais peut être dans 10 ans ou 15 ans".

L'A350, une réussite?

Le programme a été lancé fin 2006. "Nous avons livrés le 1er cette année. C'est la 1ere fois dans l'histoire aéronautique qu'un programme est aussi bien maitrisé" se félicite Fabrice Brégier. "Nous en avons en a 780 en carnet de commandes".

Le PDG d'Airbus explique qu'il y a des cycles pour lancer des nouveaux appareils. "Maintenant, nous sommes dans une phase d'amélioration. Le prochain grand programme sera le successeur de la famille a320 mais à l'horizon 2030 car il faut des technologies en rupture pour justifier les efforts financiers".

La compétition Boeing-Airbus

Coté livraison, Boeing a l'avantage avec 723 appareils, contre 629 pour Airbus. "Mais plus de commandes pour Airbus. 1456 commandes soit 3000 commandes en 2 ans, c'est pas mal!"

Pour Fabrice Brégier, "maintenant il faut monter en cadences. Il faut pouvoir livrer".

Et si Boeing est très aidé par les Etats-Unis, Airbus refuse de demander le même passe-droit. "Nous sommes sur un marché concurrentiel et nous devons être les meilleurs. Nous ne devons pas protéger un micromarché donc non, je ne demande pas à Air France d'acheter Airbus".

D. L.