BFM Business

Le Maire: "l'État n'a pas vocation à être assis sur un strapontin dans les conseils d'administration"

Bruno Le Maire a affirmé avoir négocié des garanties

Bruno Le Maire a affirmé avoir négocié des garanties - Christophe Archambault - AFP

Le ministre de l'Économie est revenu lors d'une conférence de presse sur le mariage entre Alstom et Siemens. Il a affirmé la volonté du gouvernement de créer "des champions européens" et expliqué pourquoi l'État ne reste pas au capital d'Alstom.

Le mariage est désormais officiel: Alstom et Siemens vont fusionner leurs activités ferroviaires, en échange de quoi le groupe allemand va devenir l'actionnaire majoritaire de l'entreprise française. "C'est une bonne nouvelle pour Alstom ainsi que pour les salariés et les sites d'Alstom", s'est réjoui Bruno Le Maire. En bon témoin de ce mariage, le ministre de l'Économie a dit tout le bien qu'il pensait de cette union.

"Nous allons pouvoir retrouver un esprit de conquête industriel européen qui va nous permettre de rivaliser avec les plus grands géants du secteur ferroviaire mondial, en particulier le géant chinois", a-t-il déclaré en référence à CRRC.

Des "champions industriels européens"

"Oui, nous voulons des champions industriels européens parce que nous estimons que c'est la meilleure façon de retrouver un esprit de conquête industriel européenne, de faire face à la concurrence la Chine et des États-Unis qui ne nous feront aucun cadeau", a-t-il affirmé.

Interrogé ensuite sur le fait que l'État ne sera pas présent au capital d'Alstom, Bruno Le Maire a semblé s'agacer. "L'État n'a pas vocation à être assis sur un strapontin dans les conseils d'administration pour regarder les décisions se prendre sans qu'il puisse intervenir", a-t-il répondu.

"À quoi sert la présence de l'État à hauteur de 16,5% dans un conseil d'administration? Pour regarder ce qu'il se passe? Pour observer ? le rôle de l'État c'est d'être acteur pas observateur", a-t-il asséné.

Et Bruno Le Maire d'affirmer que "par ailleurs, les commandes publiques nous paraissent un moyen d'intervention et d'influence sur l'avenir de ce secteur ferroviaire beaucoup plus important qu'une participation accessoire et résiduelle".

Le ministre de l'Économie a également affirmé avoir obtenu "des garanties" avec la préservation de "l'intégralité des emplois et des sites" d'Alstom, avec également "la possibilité pour les administrateurs indépendants de s'opposer à toute décision stratégique contraire aux intérêts français".

J.M.