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Le coup de gueule d'XL Airways contre bpifrance

Interrogé par BFM Business, le directeur général de la Banque publique d'investissement indiquait ne pas avoir été sollicité par la compagnie aérienne en redressement judiciaire. Une réponse qui ulcère Laurent Magnin, président du directoire.

Après avoir vertement critiqué l'attitude d'Air France, Laurent Magnin, président du Directoire d'XL Airways attaque bpifrance, la banque publique d'investissement.

Son directeur général, Nicolas Dufourcq était l'invité ce mardi d'Edwige Chevrillon dans Good Morning Business sur BFM Business (voir vidéo en tête d'article). Interrogé sur la question du soutien à des entreprises en grande difficulté comme la compagnie aérienne, le responsable répondait: "C’est drôle, c’est drôle oui, je ne me suis pas posé la question et personne ne nous a posé la question".

"Il faut que vous compreniez comment fonctionne BPI France, comment dire, les entrepreneurs viennent à nous quand même. Ces entrepreneurs ne sont jamais venus, mais alors jamais. J’ai envie de dire qu’il devait y avoir peut-être quelques raisons. Mais nous on finance, on finance, on finance tellement. On a un « deal flow » aujourd’hui d’entrepreneurs qui est tellement considérable. Demandez-leur pourquoi ils ne sont jamais venus nous voir ?", poursuivait-il.

Une réponse qui semble avoir ulcéré Laurent Magnin. Dans une lettre ouverte, il exprime son amertume. "Je dois reconnaître que votre réponse m’a laissé sans voix eu égard à tout ce que nous avons fait pour échapper à la disparition de la compagnie !".

"La non-sollicitation directe vient du fait que nous étions accompagnés par les services compétents du Ministère des Finances (CIRI) dans cette phase délicate de l’entreprise. Je tiens à vous informer que via votre autorité de tutelle, nous avons, à d’innombrables reprises, sollicité votre intervention pour accompagner XL Airways", assène-t'il.

"Que faut-il faire Monsieur le Directeur Général de la BPI pour retenir l’attention des investisseurs, être dans votre « deal flow » et répondre totalement à la baisse de nos parts de marché dans l’aérien français depuis 20 ans ? Nous sommes face à des concurrents étrangers qui ne créent pas d’emplois à la hauteur de ce que nos compagnies basées en France offrent".

"Nous ne comptons plus les heures, ni les jours, à envisager toutes les solutions possibles. Y compris, eu égard à votre communication, celle de la participation de la BPI qui a été créée, vous avez raison de le souligner, pour répondre au rayonnement industriel de notre pays. Créer des emplois de valeur et répondre à la concurrence sainement avec des outils adaptés, c’est la mission que les parlementaires français avaient rappelée dans un rapport du 30 septembre 2015. En prenant position sur l’aérien, vous donnerez le signal d’un pays qui croit dans cette industrie".

Et de rappeler que XL "créée en 1995, (est une) compagnie compétitive et profitable sur la plus grande partie de son parcours, XL Airways se fait étrangler par des compagnies subventionnées ou pratiquant un dumping effréné".

"Je vous demande solennellement de bien vouloir nous recevoir avant notre audience au Tribunal de Commerce de Bobigny qui aura lieu (ce) mercredi 2 octobre à 15 heures. Ceci afin d’évoquer, dans les prochaines heures, la capacité de la BPI à apporter un financement nécessaire à la préservation et à la pérennité de la société".

"En contrepartie de quoi BPI France deviendrait naturellement actionnaire de référence de la société pour un temps. Le débat n’est pas de vous avoir comme actionnaire à long terme, mais de repartir en conquête avec votre aide. Nos actionnaires actuels sont prêts à avancer en ce sens, comme ils l’ont déjà confirmé à la puissance publique", conclut Laurent Magnin.

Olivier Chicheportiche