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Le patron d'XL Airways en appelle à Air France

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- - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Le PDG de la compagnie aérienne française XL Airways, en cessation de paiement, appelle Air France à venir à sa rescousse, assurant pouvoir devenir un atout pour le groupe.

« Air France peut bouger. Le PDG du groupe, Ben Smith, en a le pouvoir. Il doit mettre XL chez Air France. Les salariés d'Air France, je le sais, sont attachés à sauver le pavillon français. Le dialogue social peut être réglé en 24 heures. En 12 mois, on peut définir un plan et devenir le sniper du groupe Air France sur le low cost long-courrier », affirme Laurent Magnin dans un entretien au Journal du Dimanche.

Le PDG de la compagnie a indiqué vendredi que son entreprise, qui avait réclamé la veille son placement en redressement judiciaire, avait besoin de 35 millions d'euros pour se relancer. Si Air France, qui a déjà été approchée dans le passé, opposait à XL Airways une nouvelle fin de non-recevoir, un nouveau tour de table resterait possible, espère Laurent Magnin.

« Des financiers peuvent se dire qu'on est dans le pays le plus touristique du monde et que l'aérien français ne peut pas échouer. Je suis persuadé qu'il y a un coup fumant à faire dans notre secteur », a-t-il plaidé.

La compagnie pointe du doigt la concurrence

Le PDG de la compagnie revient également sur les causes des graves difficultés que traverse sa compagnie et pointe du doigt les nouveaux concurrents. « Nous n'avons pas vu venir la bulle Norwegian, ses avions neufs, son système de low cost moyen-courrier appliqué au long-courrier. Sur notre activité vers les Etats-Unis, le choc a été frontal et nous n'avons pas su réagir assez vite », a-t-il concédé. 

La compagnie a également souffert du mouvement des « gilets jaunes » : « Quand nos vols en provenance de Chine se sont retrouvés aux trois quarts vides, comme cet hiver, tout est devenu compliqué. (...) Et l'été n'a pas suffi à rétablir la situation ».

XL Airways compte 570 collaborateurs, et dessert quatre continents au départ de Paris, essentiellement en Amérique du Nord, notamment les Etats-Unis, les Antilles, mais aussi en Chine. Les difficultés de la compagnie ont été révélées moins de trois semaines après celles d'une autre compagnie française: Aigle Azur. Elle s'est elle aussi retrouvée dans une impasse financière, devant interrompre ses vols, avant d'être placée en liquidation. 

Le tribunal de commerce d'Evry doit examiner lundi quatre propositions de reprise d'Aigle Azur, qui emploie 1 150 personnes. Air France, un temps sur les rangs, a renoncé à présenter une offre. Le tribunal de commerce de Bobigny doit de son côté examiner la demande de mise en redressement d'XL Airways ce lundi.

La rédaction