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Le conflit des VTC avec Uber profite à d’autres plateformes de réservation

Les VTC sont de nouveau mobilisés ce vendredi contre les commissions prélevées par Uber. Alors que le conflit s'enlise, d'autres plateformes de réservation comme Allocab tirent leur épingle du jeu et multiplient les recrutements.

Le conflit avec Uber profite à la start-up française Allocab. Depuis le début du conflit avec le géant américain, le nombre de téléchargements de l'application aurait doublé, d'après l'entreprise. Outre les clients, les chauffeurs cherchent aussi des alternatives à Uber.

"Habituellement Allocab recrute 100 chauffeurs par semaine et depuis cette crise Uber, on reçoit 200 chauffeurs, on multiplie par deux les inscriptions sur cette plateforme", détaille Yanis Kiansky, président d'Allocab sur BFM Paris.

Jérémy, chauffeur VTC depuis deux ans a fait ce choix. Pourtant, à ses débuts, il avait opté pour le leader Uber avant de déchanter. Baisse du prix minimum des courses, augmentation des commissions, il devenait de plus en plus difficile pour ce chauffeur de tirer de son travail un salaire décent.

"Avec Uber, on ne s'en sort pas. J'ai décidé de me tourner vers d'autres plateformes, tout simplement parce qu'aujourd'hui les autres plateformes rémunèrent légèrement mieux les chauffeurs", explique-t-il. 

Le prix de la course plus élevé que chez Uber

Mais pour pouvoir assurer des revenus convenables à ses chauffeurs, Allocab ne s'en cache pas, les prix des courses sont plus élevés pour les clients. En moyenne, le prix est en effet 5% plus cher qu'avec une réservation sur la plateforme américaine. La start-up parisienne mise également sur la stabilité.

"Le prix minimum de la course chez notre concurrent américain c'est 5 euros, chez Allocab c'est presque le double, le prix minimum est à 9 euros. Et notre commission n'a pas changé, elle est toujours à 20%", souligne Yanis Kiansky.

Début décembre, Uber a au contraire fait passer sa commission de 20 à 25%. Un point au coeur du conflit avec les chauffeurs, qui s'estiment lésés par ce taux. Les chauffeurs VTC travaillant pour Uber réclament une meilleure rémunération et appellent les clients à boycotter l'application. Un médiateur a été nommé par le gouvernement pour tenter de résoudre le conflit. 

Carole Blanchard avec Emmanuelle Lebon