BFM Business

La voiture électrique passe à la vitesse supérieure

La Renault Zoe, voiture particulière électrique la plus vendue en France, se recharge via une prise placée sous le logo bleuté qui orne ses modèles zéro émissions.

La Renault Zoe, voiture particulière électrique la plus vendue en France, se recharge via une prise placée sous le logo bleuté qui orne ses modèles zéro émissions. - Bertrand Guay - AFP

Ségolène Royal a décidé de mettre le paquet pour inciter les Français à se débarrasser de leur vieille voiture diesel et passer à l'électrique. On attend encore le décret de mise en oeuvre de son bonus à 10.000 euros, mais la France est bien partie pour faire aussi bien que le champion européen: la Norvège.

Sus aux voitures polluantes! Le marché de l'électrique vient de bénéficier d'un sérieux coup d'accélérateur. Pour propulser les ventes des constructeurs, le gouvernement a en effet sorti l'artillerie lourde.

Un "bonus" de 10.000 euros est ainsi accordé pour l'achat d'une voiture électrique en remplacement d'une vielle voiture roulant au gazole. Cette mesure, annoncée par la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, entrera en vigueur à partir du mois d'avril 2015.

Les conditions précises d'attribution de cette énorme subvention n'ont pas encore été dévoilées. On sait seulement qu'elle portera uniquement sur l'achat d'un véhicule 100% électrique. La mesure sera instaurée "par mesure réglementaire avec la sortie prochaine d'un décret", se borne-t-on à indiquer au ministère.

Les industriels du secteur, impatients d'en connaître les conditions, se frottent les mains. Surtout en France où le marché présente un fort potentiel. 

> La France première puissance électrique d'Europe

L'Hexagone reste certes loin derrière la Norvège, pionnier en la matière. Mais à eux deux, ils représentent plus de la moitié des immatriculations de voitures vertes en Europe l'année dernière, souligne le Comité des constructeurs français d'automobile (CCFA). Un marché en plein essor: il a progressé de 60,9% sur un an. En 2014, il s'est ainsi vendu en Europe 65.199 véhicules particuliers et utilitaires. Mais marge de progression reste importante: le véhicule électrique ne représente aujourd'hui que 0,5% du parc automobile européen. 

La France, qui se situe en seconde place derrière la Norvège, a pour sa part immatriculé 15.046 petites électriques. Mais elle tient la première place en termes de véhicules écologiques déjà en circulation (43.000 modèles enregistrés depuis 2005, selon l'Avere-France, une association de promotion du véhicule électrique.

Un engouement encore plus tangible ces derniers mois: après un record historique touché en décembre avec 2.227 voitures zéro émission de Co2 vendues, 902 autres modèles sont sortis des concessions en janvier 2015. Une hausse de 54% par rapport au premier mois de 2014. 

> L'Alliance Renault-Nissan domine le marché

En France, Renault pulvérise ses concurrents. La Zoé rafle la première place des ventes d'électrique en janvier. 260 d'entre elles ont pris la route, ce qui représente 42% de parts de marché. Et si les entreprises ont été les premières acheteuses pour leurs flottes, 60% des commandes de la Zoé proviennent aujourd'hui de particuliers, assurait Renault au mondial de l'Auto.

La Bluecar de Bolloré est arrivée deuxième grâce à une grosse commande de 120 véhicules pour les services Autolib', Bluecub (à Bordeaux) et Bluely (à Lyon). Nissan rejoint le trio de tête avec 111 immatriculations de sa Leaf.

Au niveau européen, l'alliance dirigée par Carlos Ghosn conserve le leadership, mais grâce à la marque Nissan cette fois. La Leaf, vendue à 14.385 unités en 2014, reste le véhicule électrique le plus acheté, en Europe et même dans le monde. Elle est talonnée dans l'UE par la Zoé (10.980 unités), suivie de la luxueuse Tesla Model S.

> Des perspectives mirobolantes

En Norvège, plus d'une voiture vendue sur dix est un véhicule propre. Un phénomène que l'Avere attribue aux "mesures incitatives à l’acquisition et à l’usage mises en place par les pouvoirs publics, qui rendent l’offre électrique plus compétitive que les motorisées thermiques". Dès lors, si la prime annoncée par Ségolène Royal entrait bien en vigueur, les conditions seraient réunies en France pour faire décoller le marché.

D'autant que l'association, avant même cette annonce, tablait déjà sur une croissance des ventes en 2015. Elle misait notamment sur l'arrivée de nouveaux modèles. Aujourd'hui, seuls 14 modèles sont disponibles à la vente en France (voir le diaporama). Et leur prix reste élevé. En réalité, la voiture électrique en elle-même ne coûte pas plus cher que son équivalent essence, explique-t-on chez Daimler, la maison-mère de Mercedes et Smart. Mais la batterie, elle, coûte cher. Le modèle lithium-ion, utilisé par la plupart des constructeurs, vaut environ 5.000 euros. 

Justement, la ministre Ségolène Royal a appelé "tous les constructeurs à se mobiliser pour commencer à baisser les prix des voitures électriques". Alors que certains proposent déjà d'acheter la voiture mais de louer la batterie, elle a enjoint les autres à généraliser "des systèmes de vente de voitures électriques par mensualité" pour que tous les Français puissent y accéder.

Découvrez en image notre classement des voitures électriques de la plus chère à la moins chère. 

Nina Godart