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La trajectoire financière de SNCF Réseau jugée "irréaliste"

L'Autorité de régulation des activités ferroviaires émet de sérieux doutes sur les recettes et la maîtrise des coûts du gestionnaire déjà fortement endetté.

La trajectoire financière à 10 ans de SNCF Réseau, telle que définie dans son projet de contrat de performance avec l'État, est "irréaliste", a estimé jeudi l'autorité de régulation (Arafer) dans un avis non contraignant. Le gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire a pour sa part défendu un texte qui donne de la "visibilité" à long terme pour la modernisation des équipements, son PDG Patrick Jeantet s'engageant à des gains de productivité de 1,5% en moyenne par an, un objectif "raisonnable" selon lui.

SNCF Réseau (ex-RFF) avait approuvé le 20 décembre son premier projet de contrat de performance qui fixe la trajectoire financière des investissements à horizon 2026, conformément à la réforme ferroviaire promulguée deux ans plus tôt. Mais l'Arafer, dans son avis jeudi sur le texte, a estimé que "les objectifs de la réforme ferroviaire adoptée en 2014 ne sont pas satisfaits". Celle-ci, a rappelé le régulateur, prévoit "une trajectoire financière visant à enrayer la spirale d'endettement du système ferroviaire".

Une maîtrise des coûts "pas garantie"

La dette de SNCF Réseau est faramineuse: elle atteignait 44 milliards d'euros fin 2016, et l'État a annoncé en septembre qu'il refusait de la reprendre. Pour l'Arafer, "la trajectoire financière (de SNCF Réseau) est irréaliste", entre une maîtrise des coûts "pas garantie" et des doutes sur les recettes, en particulier l'acceptabilité de la hausse des péages pour les services de passager et encore davantage pour les trains de fret.

Et "à supposer que la trajectoire financière soit respectée, la dette de SNCF Réseau ne serait toujours pas stabilisée à la fin du contrat puisqu'elle continuerait d'augmenter de 400 millions d'euros par an en 2026". Elle atteindrait ainsi 63 milliards d'euros à cette échéance, selon le régulateur.

P.L avec AFP