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La SNCM va déposer le bilan

Le redressement judiciaire était la piste privilégiée par le gouvernement.

Le redressement judiciaire était la piste privilégiée par le gouvernement. - Bertrand Langlois - AFP

La direction du groupe a confirmé aux salariés, ce lundi 3 novembre, que l'entreprise allait déposer le bilan, sans donner de date exacte. Cinq à six repreneurs seraient intéressés par le rachat de la société.

Le futur de la SNCM est désormais scellé. La direction de l'entreprise a annoncé aux salariés du groupe qu'elle allait déposer le bilan, selon Pierre Maupoint de Vandeul, un des représentants de la CFE-CGC.

Cette annonce a été faite à l'issue d'un comité d'entreprise exceptionnel, ce lundi 3 novembre.La direction n'a toutefois pas précisé la date exacte du dépôt de bilan, a ajouté le syndicaliste, qui indique toutefois qu'elle pourrait survenir "dès lundi".

Plusieurs repreneurs intéressés

"La direction engage un dépôt de bilan alors même qu'elle reconnaît que 'le chemin est étroit' entre le redressement judiciaire et la liquidation", a-t-il regretté, s'exprimant au sortir de ce comité.

Interrogé sur France Info, Jean-Marc Janaillac, PDG de Transdev, actionnaire principal de la SNCM, a affirmé que "cinq ou six" repreneurs potentiels sont d'ores et déjà intéressés par l'entreprise. Ces "compagnies sérieuses, venues de différents pays européens, regardent actuellement le dossier de la SNCM", a-t-il ajouté.

De son côté, le secrétaire d'Etat au Transports Alain Vidalies a déclaré, dans un communiqué, que "le gouvernement prend acte de la décision" de la direction de la SNCM, en rappelant que "l'objectif est de sauvegarder le plus grand nombre d'emplois autour des activités qui pourront être reprises. 

La solution privilégiée par l'exécutif

Le dépôt de bilan avait les faveurs de la direction de l'entreprise et du gouvernement car elle doit permettre à l'entreprise de renaître de ses cendres en étant délestée d'un peu plus de 400 millions d'euros d'aides dont la Commission européenne exige le remboursement. 

En outre, cette procédure doit permettre de faciliter la recherche d'un nouvel actionnaire pour reprendre cette société déficitaire. 

Ainsi, la direction de la SNCM fait valoir que le dépôt de bilan, suivi de la procédure de redressement judiciaire est la seule solution pour empêcher "la disparition pure et simple" de l'entreprise. 

Cette issue ne faisait de toute façon plus grand doute. La société maritime faisait en effet face à une impasse financière après la décision prise vendredi par Transdev et Veolia, ses actionnaires majoritaires. 

Tous deux avaient exigé le remboursement anticipé de deux prêts, l'un de 103 millions d'euros, l'autre de 14 millions.La SNCM, qui aurait dû rembourser ces prêts dès ce lundi n'a évidemment pas les finances nécessaires pour répondre à cette demande. Cette situation mettait de facto l'entreprise en cessation de paiement.

Les craintes des syndicats

Les syndicats, eux, ont une toute autre lecture du dossier et redoutent que le dépôt de bilan n'amène l'entreprise à perdre la délégation de service public (DSP) de la desserte de la Corse. Ce contrat, qui court jusqu'en 2023 et que la SNCM partage avec une autre société, la Méridionale, constitue la principale source de revenus de l'entreprise. 

De plus, les syndicats craignent que ce dépôt de bilan ne permette à la direction de faire un plan social à moindre frais. Actuellement, la SNCM compte 2.000 postes dont 1.508 CDI. Début octobre, la direction de la compagnie avait défini "un périmètre d'équilibre" qui comprenait entre 800 et 1.000 emplois.

J.M. avec AFP