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La SNCF mise sur ses Corail Intercités pour contrer les autocars

La SNCF relance les Intercités... seulement les week-end, et seulement sur les trajets où elle est sûre de dépasser l'autocar.

La SNCF relance les Intercités... seulement les week-end, et seulement sur les trajets où elle est sûre de dépasser l'autocar. - Jean Ayissi - AFP

Alors que l'offre de liaisons par autocar grossit rapidement, la compagnie ferroviaire pense avoir trouvé la parade: casser les prix sur son réseau Intercités, notamment vers les villes desservies par le TGV, obligeant les passagers à choisir entre prix et vitesse.

La libéralisation de l'autocar ne fait pas plaisir à tout le monde. Surtout pas à la SNCF, qui voit s'ajouter aux acteurs du covoiturage de nouveaux concurrents à bas coûts sur des liaisons où l'avion n'était pas une alternative. Mais la compagnie ferroviaire n'est pas disposée à se laisser grignoter des parts de marchés par les autocaristes sans rien faire. Elle a bien étudié la carte de France, les coûts et les temps de trajets des autocars, et formule de nouvelles offres là où elle est sûre de gagner.

"On va introduire des trains Intercités qui vont vers Nantes et Strasbourg et tout cela entre 15 et 35 euros", a indiqué Guillaume Pepy, le président de la SNCF, au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI dimanche.

Ce qui ressemble à une annonce n'en est pas vraiment une. La compagnie a relancé ses ex-trains Corail en septembre. Bien plus lents que le TGV (ils s'arrêtent à toutes les gares ou presque) ils coûtent aussi bien moins cher. Ce sont les Intercités 100% éco.

Des destinations minutieusement choisies

Le transporteur, tancé par la Cour des comptes sur la rentabilité de ses Intercités, n'a cette fois pas choisi les destinations par hasard. Il propose tout particulièrement des Paris-Nantes et des Paris-Strasbourg. À des prix défiants même la concurrence agressive des autocars. Sur Paris-Nantes par exemple, des trains dont on peut imaginer qu'ils desservent également Tours et Angers, ou Le Mans, la SNCF propose des trajets à partir de 15 euros. Alors certes, le car est moins cher: Starshipper le propose à 10 euros, Isilines à 11. Mais seulement de quelques euros, pour un gain de temps significatif: en bus, le trajet dure 5 à 6 heures, contre moins de 4 heures en Intercités.

Même principe sur Paris-Strasbourg, qui dessert également Nancy. Les autocaristes ne bradent pas vraiment: il en coûtera au voyageur 28 euros chez Eurolines, 32 chez Flixbus. Il y a bien Isilines, qui le propose à 5 euros, mais sur un nombre de places très limité. Du coup, le billet à partir de 15 euros proposé par la SNCF, pour 4 heures de train contre 6 en car, est très compétitif.

Reste que pour le moment, ces Intercités 100% éco ne circulent que le week-end. En semaine, les cars restent largement plus attractifs que des TGV à minimum 33 euros sur quelques billets réservés bien en amont, et plus généralement à 60 euros minimum.

Nina Godart