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La gestion du trafic aérien par les autorités critiquée

LE DANGER POUR LES AVIONS

LE DANGER POUR LES AVIONS - -

PARIS - Les autorités françaises font tout ce qu'elles peuvent pour faire voler un maximum d'avions, assure le ministre de l'Ecologie Jean-Louis...

PARIS (Reuters) - Les autorités françaises font tout ce qu'elles peuvent pour faire voler un maximum d'avions, assure le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo face à la montée des critiques contre la gestion du trafic aérien.

Les responsables de l'Union européenne et les membres du gouvernement français doivent se concerter séparément dans l'après-midi pour examiner les conséquences de la dispersion dans le ciel des cendres d'un volcan islandais.

La France a décidé de prolonger la fermeture des aéroports situés au nord d'une ligne Bordeaux-Nice au moins jusqu'à mardi 08h00 à l'exception de celui de Nantes, qui s'est remis à fonctionner lundi, tandis que certains pays européens, dont l'Espagne et le Portugal rouvraient leur espace aérien.

Lors d'une conférence de presse à Paris, Jean-Louis Borloo a estimé que la France n'en avait pas trop fait, évoquant un "système de sécurité mais pas d'excès d'inquiétude".

Après plusieurs vols tests dimanche, "on essaie de faire l'analyse réelle des risques", a-t-il insisté.

"La France essaie de faire voler le plus possible" d'avions, a dit le ministre de l'Ecologie avant une téléconférence des ministres européens des Transports, prévue à 15h00.

"On bouge, on fait voler, on assure la sécurité. Pour le reste ce sera décidé par les ministres européens", a-t-il ajouté, soulignant que pour l'heure, la priorité était d'ouvrir des corridors mais pas l'ensemble de l'espace aérien.

AIR FRANCE-KLM PERD 35 MILLIONS D'EUROS PAR JOUR

Parmi les passagers, les dirigeants des compagnies aériennes et des pilotes, des voix s'élèvent cependant pour critiquer une application trop sévère du principe de précaution, qui paralyse totalement le trafic aérien en Europe du Nord depuis jeudi.

"La gestion du risque dont l'origine est le volcan islandais ne peut plus continuer sur les mêmes bases", a déclaré lundi lors d'une conférence de presse le directeur général d'Air France-KLM, Pierre-Henri Gourgeon.

Chaque journée d'interruption se traduit par une perte nette de 35 millions d'euros pour la compagnie, a-t-il dit.

Face à cette situation, François Fillon doit réunir lundi après-midi à Matignon l'ensemble des ministres concernés.

Le Premier ministre a déjà tenu des réunions de crise samedi et dimanche avec les ministres de l'Ecologie, des Affaires étrangères, de l'Intérieur et de la Santé en présence des dirigeants de Météo France, d'Aéroports de Paris et de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).

Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a évoqué également la tenue d'une réunion cette semaine sous la présidence de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, pour faire le point sur le coût économique du blocage.

100.000 FRANÇAIS BLOQUÉS

Le secrétaire d'Etat chargé du Tourisme, Hervé Novelli, doit réunir mardi les dirigeants des principaux tours opérateurs.

"Cela va avoir des impacts économiques évidents. On n'avait pas besoin de ça en plus", a dit la présidente du Medef, Laurence Parisot, lundi à des journalistes. "Tous ceux qui sont très dépendants du fret aérien sont en difficulté."

Le Medef a mis en place une cellule de crise dimanche.

La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) estime dans un communiqué que, pour l'heure, les conséquences ne se font sentir que pour les PME dont l'activité est directement tributaire du transport aérien, comme le tourisme, le fret aéroportuaire et l'export.

Mais elle ajoute que toutes les PME françaises souffriront si la situation perdure, notamment pour l'acheminement du courrier, et appelle le gouvernement à mettre en place des moyens de transport de substitution, ferroviaire ou routier.

Au sud de la ligne Bordeaux-Nice, les aéroports français sont ouverts lundi. Il s'agit de Bordeaux, Biarritz, Toulouse, Pau, Tarbes, Montpellier, Marseille, Nice, Ajaccio et Bastia.

Les prochaines prévisions de la DGAC sur les conséquences du nuage islandais sont annoncées pour lundi, "à partir de 15h00".

Le ministère des Affaires étrangères avait dénombré lundi à la mi-journée environ 100.000 Français bloqués à l'étranger.

La moitié de ces voyageurs seraient pris en charge par des tours opérateurs et l'autre moitié sont des voyageurs individuels, a précisé un porte-parole du Quai d'Orsay.

Pour rapatrier les Français bloqués, la France ne fera pas appel à des avions militaires mais les aéroports de l'armée situés dans le sud de la France sont mobilisés, a expliqué Jean-Louis Borloo.

Paris tentait lundi matin de "débloquer des autorisations de vol" depuis l'Egypte et le Maroc, où plus de 10.000 Français seraient bloqués, selon le ministre de l'Ecologie.

Service France, édité par Yves Clarisse