BFM Business

La Commission européenne veut des péages anti-diesel en ville

La commissaire européenne aux Transports plaide pour la mise en place de péages urbains pour les véhicules diesel en ville.

La commissaire européenne aux Transports plaide pour la mise en place de péages urbains pour les véhicules diesel en ville. - Sebastian Willnow / dpa / AFP

La commissaire européenne en charge des transports souhaite la mise en place de péages urbains anti-diesel, plutôt que d’interdictions pures et simples. Une solution que des villes comme Paris, qui veulent interdire le diesel, refusent.

Alors qu’au salon automobile de Genève (Suisse), les commentaires sur l’avenir du diesel s’avèrent très contrastés, la Commission européenne n’y va elle pas par quatre chemins pour limiter la place de ce carburant autrefois plébiscité. Ce mercredi, la commissaire européenne aux Transports a plaidé dans la presse allemande pour la mise en place de péages urbains pour les véhicules diesel en ville, et ce dans toute l’Europe.

Le péage urbain, une solution moins frustrante

Plutôt que des interdictions pures et simples, comme celles qui pourront désormais être prises en Allemagne, Violeta Bulc plaide plutôt pour la mise en place de ces péages urbains.

"Les interdictions de circulation sont très frustrantes, concède la commissaire européenne, en proposant une autre mesure: les péages urbains. Nous avons déjà fait une proposition l'année passée pour un système de péage électronique européen permettant des péages flexibles et différenciés".

Dans ce dispositif, les propriétaires de véhicules propres ne paieront pas leur entrée en centre-ville, contrairement aux conducteurs de véhicules moins vertueux qui devront eux régler leur passage. La sélection se base donc essentiellement sur les capacités financières des propriétaires. Londres a déjà adopté un tel dispositif. A Paris, Anne Hidalgo s’y refuse.

Pas à Paris

En janvier dernier, la ministre des Transports Elisabeth Borne avait envisagé la mise en place de ce type de dispositif. "Aujourd'hui, la loi donne déjà cette possibilité aux collectivités locales, mais seulement à titre expérimental et pour trois ans, ce qui est trop court au vu des investissements à consentir", confirmait le 16 janvier aux Echos Élisabeth Borne, ministre des Transports. La maire de Paris avait refusé cette solution, pour ne pas pénaliser financièrement les automobilistes.

"Je ne veux pas mettre un péage qui serait strictement une barrière financière, ceux qui peuvent payer pourraient rentrer (dans Paris), ceux qui ne peuvent pas payer ne pourraient pas rentrer, a ajouté Anne Hidalgo. Ce n'est pas du tout ma vision de l'organisation des relations entre Paris et sa métropole".
Pauline Ducamp