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L’incroyable succès de Renault en Algérie

En 2014, Abdelmalek Sellal, Premier ministre d'Algérie, inaugurait avec Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, l'usine d'assemblage de Oued Lielat, au sud d'Oran.

En 2014, Abdelmalek Sellal, Premier ministre d'Algérie, inaugurait avec Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, l'usine d'assemblage de Oued Lielat, au sud d'Oran. - Farouk Batiche - AFP

En dix mois, le constructeur français a vendu autant de voitures en Algérie qu'en deux mois en France. Avec la Symbol désormais assemblée à Oran, Renault a conforté son titre de marque préférée des Algériens avec une part de marché de 33%.

Renault peut se féliciter d'avoir investi 50 millions d'euros dans la construction d'une usine à Oran en Algérie. Le site inauguré voici un an lui a en effet permis de réaliser un bel exploit: en 10 mois, la marque aura vendu dans le pays 71.415 véhicules neufs, soit quasiment autant qu'en Italie sur la même période. De quoi donner le sourire à Guillaume Josselin, le PDG de Renault Algérie: "En Algérie, Renault a atteint 33,6% de parts de marché sur les dix premiers mois de 2015, contre 26,2% à la même période de 2014" a-t-il souligné lors de la célébration du premier anniversaire de l'usine qui produit 25.000 exemplaires par an d'un modèle inconnu en France: la Renault Symbol.

Cette voiture, issue de la Clio II, est devenue en moins d'un an le second modèle plus vendu du pays, derrière la Dacia Logan. Et depuis juin dernier, l'usine de Renault Algérie production a lancé deux nouvelles versions, portant à trois les modèles assemblés à Oran.

500 emplois créés dont 36% de femmes

Ce succès est loin d’être anecdotique. Si l’on compare les résultats de Renault Algérie avec les ventes en France, ses ventes équivalent quasiment à celles que réalise la marque sur deux mois en France. En terme de parts de marché, Renault fait ainsi bien mieux que sur son marché national. Sur les 10 premiers mois de l'année, une voiture neuve sur trois vendue en Algérie est une Renault. En France, ses parts de marché se limitent à 19,4% du marché (24,9% si on ajoute les ventes de Dacia). Renault fait désormais presque aussi bien en Algérie qu'au Maroc, où il contrôle plus d'un tiers du marché des voitures neuves.

Ce succès ne profite pas seulement à Renault. Si la nouvelle usine a permis de créer près de 500 emplois (dont 36% de femmes), le développement des sous-traitants va créer une explosion de nouveaux postes. En plus de Joktal, le fournisseur de pièces d’injection plastique, trois autres entreprises (Martur, Sirel et Satel) ont annoncé la création de 500 nouveaux emplois.

Et ce n’est pas fini. Guillaume Josselin a également annoncé que des sous-traitants turcs et roumains avaient manifesté leur intention d'investir en Algérie.

Seule déception pour Renault, le manque de patriotisme économique des entreprises publiques algériennes qui continuent à acheter massivement des véhicules importés. 95% des Renault "made in Algérie" ont été achetées par des particuliers relève, non sans ironie, les dirigeants de l'usine qui tourne à plein régime. Une usine pourtant détenue à 51% par l'État algérien et à 49% par le constructeur français.

Pascal Samama