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L'échec du Rafale au Brésil, mauvais coup pour Dassault et l'Etat

Le Rafale a, selon le ministère de la Défense, un coût unitaire de production, de 100 millions d'euros.

Le Rafale a, selon le ministère de la Défense, un coût unitaire de production, de 100 millions d'euros. - -

Après le revers au Brésil, Dassault a accusé une importante chute en Bourse de plus de 5% à l'ouverture de la cote, ce jeudi 19 décembre. De son côté, le ministre des relations avec le Parlement, Alain Vidalies, a évoqué une menace pour les finances publiques.

Dassault sanctionné à la Bourse de Paris. Mercredi 18 décembre, le Brésil a annoncé avoir choisi le Gripen NG du suédois Saab au détriment du Rafale pour équiper son armée de l'Air.

L'avion de Dassault enregistre ainsi un énième échec à l'exportation, ce qui assombrit les perspectives de croissance du groupe. Du coup, le titre Dassault aviation a cédé plus de 5% à l'ouverture de la cote parisienne. A l'inverse Saab a gagné 21% à la Bourse de Stockholm.

Mais le revers de Dassault au Brésil constitue aussi un risque pour les finances publiques françaises. Le ministre délégué aux relations avec le Parlement, Alain Vidalies, a lui-même reconnu, ce jeudi sur i>Télé qu'il s'agit "d'une mauvaise nouvelle". "Il faut être clair que dans la loi de programmation militaire, il y avait comme équilibre financier la vente d'un certain nombre de ces avions", a-t-il souligné.

Louis Gallois, le commissaire général à l'investissement a, lui aussi, affirmé que le Rafale "pèse" sur le budget de la Défense.

Un équilibre menacé

De fait, le projet de loi de programmation militaire (LPM) prévoit 26 commandes de Rafale à Dassault : 11 appareils en 2014, 11 en 2015, 4 en 2016 et aucun entre 2017 et 2019. La précédente loi de programmation, votée sous la présidence de Nicolas Sarkozy tablait, elle, sur des commandes de 11 appareils chaque année.

Ce calendrier est "le fruit d'un compromis entre les formats, les capacités budgétaires mises à disposition du ministère de la Défense et la logique de production industrielle de Dassault Aviation", peut-on lire dans le rapport parlementaire relatif à la loi de programmation militaire.

100 millions d'euros par Rafale

En clair, l'exécutif table sur la montée en puissance des exportations de Rafale pour remplacer les commandes de l'Etat et assurer la production de Dassault. Mais si cette hypothèse ne se vérifie pas et que Paris choisit de remettre au pot pour garantir les commandes de Dassault, la facture risque d'être salée.

Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, estime, en effet, le coût de production unitaire d'un Rafale à 100 millions d'euros. Ce jeudi, le ministre s'est voulu rassurant. "Nous avons de bonnes raisons de croire que sur l'Inde et sur le Golfe, il y aura bientôt des résultats", a-t-il assuré sur Europe 1. Le Brésil, "n'était pas la cible prioritaire", "nous avons d'autres prospects plus importants", a-t-il affirmé.

Julien Marion