BFM Business

L’ancien patron de Ferrari à la tête d’Alitalia

Luca Cordero di Montezemolo a récemment quitté Ferrari pour des divergences de vues avec le patron de Fiat-Chrysler.

Luca Cordero di Montezemolo a récemment quitté Ferrari pour des divergences de vues avec le patron de Fiat-Chrysler. - Miguel Medina - AFP

Luca Cordero di Montezemolo, qui a quitté la "Scuderia" il y a un mois, a été désigné président de la compagnie italienne mercredi.

Luca Cordero di Montezemolo n’aura pas tardé à rebondir, après son départ de Ferrari il y a un mois. Le dirigeant a en effet été désigné président de la compagnie aérienne italienne Alitalia, mercredi 6 novembre, lors d'une réunion du conseil d'administration, selon l'agence Ansa et le quotidien Il Messaggero.

James Hogan, PDG de la compagnie émiratie Etihad -qui a conclu en août une alliance sauvant Alitalia de la faillite- deviendrait son vice-président, ajoute l'Ansa. L'accord conclu cet été entre les deux entreprises prévoit un investissement total de 1,758 milliard d'euros en plusieurs tranches dans Alitalia, lourdement déficitaire et très endettée.

Chargé de la restructuration d'Alitalia

Etihad doit investir 560 millions d'euros pour devenir le principal actionnaire d'Alitalia, à hauteur de 49% du capital, tandis que d'autres actionnaires verseront 300 millions d'euros. L'accord comprend également 598 millions d'euros de restructurations de dette ainsi que 300 millions de nouveaux prêts de la part de banques italiennes.

En contrepartie, Alitalia, qui compte 12.800 employés, s'est engagée à une restructuration qui devrait faire tomber les effectifs à environ 11.000 personnes. Contactée, la compagnie italienne s'est refusée à tout commentaire dans l'immédiat.

L'archétype des grands patrons à l'italienne

Depuis longtemps donné par les rumeurs de presse comme probable pilote du projet, Luca Cordero di Montezemolo est l'archétype de ces grands patrons "à l'italienne", à l’image de son mentor Gianni Agnelli, l’ex-emblématique patron de Fiat. Du chausseur Tod's au banquier Unicredit, du géant Fiat à l'organisation du Mondiale-1990, Montezemolo, homme de confiance de la famille Agnelli, a joué un rôle dans presque toutes les entreprises importantes en Italie.

Mais ce sont ses 23 ans à la tête de la mythique "Scuderia", considérée en Italie comme une part du patrimoine national au même titre que le Colisée ou le David de Michel-Ange, qui l'ont le plus marqué. Il a cependant dû tirer sa révérence il y a un mois, faute d'avoir pu continuer à aligner les succès en Formule 1 et accepter la nouvelle stratégie de la maison mère Fiat-Chrysler, qui a annoncé la semaine dernière la prochaine entrée en Bourse de Ferrari.

Y.D. avec AFP