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L'Allemagne face à la grève historique de Deutsche Bahn

Les grèves ont déjà coûté 200 millions d'euros à Deutsche Bahn

Les grèves ont déjà coûté 200 millions d'euros à Deutsche Bahn - Christof Stache - AFP

Les syndicats de la compagnie ferroviaire allemande ont débuté lundi 4 mai la plus longue grève de l'histoire de l'entreprise, provoquant l'ire du gouvernement.

Les conducteurs de train allemands se sont attirés lundi 4 mai les critiques de tout un pays et même, fait inhabituel, du gouvernement, après le début d'une énième grève prévue jusqu'à dimanche, la plus longue de l'histoire de Deutsche Bahn.

La chancelière Angela Merkel a appelé lundi à "tout faire pour trouver une solution" et évoqué "des conséquences graves" pour les entreprises; le ministre de l'Economie, le social-démocrate (SPD) Sigmar Gabriel a déploré pour sa part un "conflit de plus en plus incompréhensible aux yeux de l'extérieur".

Le syndicat des conducteurs de train GDL se livre depuis l'an dernier à un bras de fer avec la direction de la compagnie publique. Noeud de la dispute: des questions de représentativité pour GDL, qui voudrait pouvoir négocier des accords salariaux pour d'autres catégories de personnel que les conducteurs.

Le huitième mouvement de grève

Tant que cette question n'est pas réglée, le syndicat refuse d'entrer dans le vif du sujet des salaires et du temps de travail. GDL a déjà organisé sept mouvements de grève depuis juillet. La huitième grève a démarré lundi à 15h par le fret et sera "la plus longue dans l'histoire de Deutsche Bahn", s'est vanté lundi le très combatif président du syndicat, Claus Weselsky.

Ce mardi, environ les deux tiers des liaisons grande ligne et un tiers des liaisons régionales étaient annulées.

"Cette grève est complètement inappropriée et scandaleuse", a affirmé la veille Deutsche Bahn, qui transporte 5,5 millions de passagers et 607.000 tonnes de marchandises par jour rien qu'en Allemagne, et dessert d'importants axes européens nord-sud et est-ouest. Les négociations entre les deux parties sont complètement bloquées.

Un impact de 500 millions d'euros

GDL refuse catégoriquement l'offre de Deutsche Bahn d'avoir recours à une médiation externe, une solution que même Angela Merkel a qualifié de "viable" pour sortir de l'ornière. Comme lors de la dernière grève fin avril, seuls environ un tiers des trains grandes lignes vont circuler mercredi et jeudi, et entre 15% et 60% des trains régionaux, a indiqué Deutsche Bahn lundi.

Dans le fret, le trafic est réduit environ de moitié. "Cela va nous faire perdre beaucoup de passagers", a déclaré Karl-Friedrich Rausch, responsable transport et logistique de Deutsche Bahn. Les grèves ont déjà coûté environ 200 millions d'euros à la compagnie.

Les milieux économiques fulminaient. La Fédération de l'industrie BDI anticipe "des dommages de plusieurs centaines de millions d'euros" notamment pour la sidérurgie, la chimie et l'automobile, très dépendantes des livraisons de pièces et composants.

La Fédération des chambres d'industrie et de commerce DIHK a avancé un chiffre de 500 millions d'euros de coûts pour l'économie allemande cette semaine. Cela représenterait 0,1% du Produit intérieur brut (PIB) trimestriel de l'Allemagne, faisait valoir Andreas Rees, économiste d'Unicredit.

J.M. avec AFP