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L'affaire Volkswagen divise l'Europe

Volkswagen est au coeur du scandale.

Volkswagen est au coeur du scandale. - Julian Stratenschute- AFP

L'Allemagne a ouvert une enquête, l'Italie est sur le point de la faire. La France, de son coté, entend faire de même mais préférerait une enquête européenne. Bruxelles juge "prématurées" des "mesures de surveillance immédiates" en Europe.

Volkswagen est au cœur d'un scandale qui ne cesse de s'amplifier. Les autorités américaines ont révélé vendredi que 482.000 véhicules de marque Volkswagen et Audi, construits entre 2009 et 2015 et vendus aux Etats-Unis, avaient été équipés d'un logiciel capable de détecter automatiquement les tests de mesure antipollution pour en fausser les résultats. Ce lundi 22 septembre, le constructeur avoue que cela concernerait plutôt 11 millions de véhicules.

En Europe, tout le monde semble diviser sur les suite à donner à ces révélations. En Allemagne, le gouvernement a ordonné des "tests approfondis" sur tous les modèles diesel de la marque. "J'ai demandé à l'Office fédéral de l'automobile (KBA) de faire immédiatement conduire des tests spécifiques et approfondis sur les modèles diesel de Volkswagen par des experts indépendants", a déclaré Alexander Dobrindt, ministre des Transports, au Bild.

En Italie, le ministère des Transports a annoncé qu'il allait ouvrir une enquête et réclamer des explications auprès du constructeur allemand Volkswagen et de l'Office fédéral de l'automobile (KBA).

Une enquête européenne est "nécessaire"

En France, la ministre de l'Ecologie a lancé une enquête "approfondie". Les constructeurs, eux, se sont dits favorables à une enquête européenne sur le contrôle des émissions des véhicules. Une telle procédure "permettra de confirmer que les constructeurs français respectent les procédures d'homologation en vigueur dans tous les pays où ils opèrent", indique un communiqué du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).

Le ministre des Finances, Michel Sapin, a milité pour une telle initiative, estimant "nécessaire" une enquête "au niveau européen". "Ne serait-ce que pour rassurer les uns et les autres, il me paraît nécessaire de le faire aussi pour les constructeurs français", a-t-il déclaré au micro d'Europe 1, en précisant n'avoir aucune "raison particulière de penser (qu'ils) se seraient conduits comme Volkswagen".

Bruxelles promet d'aller "au fond des choses"

Mais la Commission européenne a jugé "prématurées" des "mesures de surveillance immédiates" en Europe. "Des enquêtes sont en cours au sein de Volkswagen ainsi qu'aux Etats-Unis et en Allemagne", a réagi une porte-parole de la Commission, dans une réponse écrite à l'AFP. "Il est donc prématuré de commenter si des mesures de surveillance immédiates spécifiques sont également nécessaires en Europe et si des véhicules vendus par Volkswagen en Europe sont aussi affectés", a ajouté la porte-parole, Lucia Caudet, en assurant que la Commission prenait l'affaire "très au sérieux". "Nous devons aller au fond des choses", a promis Bruxelles.

Les autorités nationales des Etats membres sont responsables de l'approbation du véhicule et du respect des limites, a précisé Lucie Caudet, précisant que l'UE était "sur le point de convoquer une réunion avec les autorités nationales" sur le sujet, mais sans donner de date précise.

Les Etats-Unis et la Corée du Sud inquiets

En effet, aux Etats-Unis agissent déjà. L'agence fédérale de l'environnement (EPA) a révélé l'affaire et a ouvert une enquête. Une autre, pénale cette fois, serait également en cours, d'après certains médias. Ce scandale sera également "dans les prochaines semaines" au coeur d'une audition du Congrès américain, ont annoncé les deux élus à la tête du sous-comité à l'Energie et au Commerce de la Chambre des représentants américaine.

Par ailleurs, la Corée du Sud a également décidé d'agir. Des représentants de Volkswagen ont été convoqués par le gouvernement sud-coréen pour discuter des contrôles antipollution sur les véhicules du groupe. Park Pan-Kyu, directeur adjoint du ministère de l'Environnement, a déclaré: "nous allons commencer dès le mois prochain à conduire des tests et nous en annoncerons les résultats fin novembre". Il a indiqué qu'il était trop tôt pour évoquer les éventuelles pénalités que pourrait décider la Corée du Sud contre le constructeur allemand.

D. L. avec AFP