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"L'absence d'amélioration de nos résultats nous amène à prendre des mesures supplémentaires"

Air France-KLM va mettre en place un nouveau programme de réduction de coûts.

Air France-KLM va mettre en place un nouveau programme de réduction de coûts. - Dominique Faget - AFP

Face à une perte en hausse de 3% au premier semestre, Alexandre de Juniac, PDG d'Air France-KLM, annonce un nouveau plan d'économies.

Tout ça pour ça. Depuis 2012, Air France-KLM multiplie les plans de départs volontaires, les fermetures de lignes et la réduction du nombre de ses avions. Mais rien ni fait le groupe reste dans le rouge.

Le chiffre d'affaires, proche de 12,3 milliards d'euros, a progressé de 2,4%. Il a été favorisé par les effets de change, en particulier l'appréciation du dollar face à l'euro, qui a eu l'effet inverse sur la rentabilité, selon les données publiées par le groupe dans un communiqué. Ainsi, l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) a diminué de 7,2% à 548 millions d'euros, alors qu'il aurait augmenté de 15,5% à change constant. De même, la perte d'exploitation s'est creusée de 12,1% à 232 millions d'euros, alors qu'elle aurait été réduite de moitié à change constant. Dans le détail, la mauvaise performance de l'activité cargo a effacé les gains réalisés dans le transport de passagers et la maintenance. En fin de compte, la perte nette part du groupe atteint 638 millions d'euros, contre 619 millions d'euros au premier semestre 2014 soit une hausse de 3%.

Avec la féroce concurrence des compagnies low cost et des compagnies du Golfe, Air France-KLM est attaqué sur tous ses marchés. Pour réduire l'hémorragie. Un nouveau tour de vis est au programme. Mais pour éviter toute grogne sociale en pleine période estivale, les lignes qui risquent de fermer et le nombre de suppressions de postes prévue ne seront annoncées que fin septembre.

Plan de 300 millions d'euros

Pour l'instant, tout ce qu'a dit Alexandre de Juniac est : "l'absence d'amélioration de nos résultats nous amène à prendre des mesures supplémentaires d'application immédiate", en plus des 1,8 milliard d'euros d'économies visées d'ici 2017 à travers le plan "Perform" (dont 1,1 milliard pour Air France), a-t-il expliqué. Il a donc annoncé "un grand programme de réduction de ses frais généraux et administratifs", d'un montant de 300 millions d'euros sur un total d'environ 1,5 milliard d'euros.

Outre les 300 millions d'euros de frais généraux, le programme de vols de la saison hiver (d'octobre à mars) a été revu à la baisse, avec une capacité globale qui ne sera augmentée que de 0,3% au lieu des 2,3% prévus initialement et même réduite sur le Japon (-14%), l'Afrique de l'Est (-6%) et le Brésil (-5%).

Le plan "Perform" (2015-2020) prend le relais du plan Transform (2012-2014) qui a permis à Air France-KLM d'abaisser ses coût de 1 milliard d'euros au prix de 6.400 suppressions d'emploi au sein du seul groupe français (Air France et ses filiales).

Par ailleurs, Alexandre de Juniac précise qu'il n'y a aucune discussion sur une prise de participation d'Ethiad dans le groupe.

Transavia s'en sort bien

Mais tout n'est pas noir dans la galaxie Air France KLM. En effet en moins de 5 ans, la filiale à bas coûts Transavia s'est imposée comme la première compagnie low cost au départ d'Orly devant EasyJet. Huit ans après son premier vol en France, Transavia est devenue incontournable dans le groupe Air France-KLM.

Avec 21 Boeing moyen courrier, elle a transporté plus de 3 millions de passagers l'an dernier. L'objectif est de franchir le cap des 4 millions de voyageurs dès cette année. Une croissance créatrice d'emploi. Plus d'un milliers de postes ont déjà été créés dont 220 pilotes. A l'inverse des maisons mères, Air France et KLM, Transavia compte augmenter sa flotte et multiplier les destinations.

La compagnie à bas coût devrait compter une 40aine d'avions en 2019. Prochain défi : réussir à séduire les passagers business. Pour conquérir cette clientèle plus rémunératrice. Transavia a engagé une montée en gamme sans augmentation de prix. Le changement est visible à l'intérieur des avions. La couleur verte des sièges et des uniformes des hôtesses et stewards a été remplacée par un bleu jugé plus statutaire.

M. S. et D. L. avec AFP