BFM Business

Inquiet, Airbus annule la commande de Skymart

Airbus a du mal à mettre les pieds au Japon.

Airbus a du mal à mettre les pieds au Japon. - -

Le constructeur aéronautique vient d'annuler la commande d'A380 de la compagnie japonaise, en proie à des difficultés financières. Ce n'est pas la première fois qu'une commande est annulée.

Airbus a annulé, ce mardi 29 juillet, sa seule commande de l'A380 au Japon. Devant les difficultés financières de la compagnie low cost Skymark Airlines, l'avionneur préfère prendre les devants et casser le contrat.

Skymark Airlines n'a plus les moyens de ses ambitions et Airbus préfère rompre la commande. Un fait extrêmement rare. Cette décision n'a pas été prise sur un coup de tête. Skymark avait beaucoup de mal à trouver les financements à temps. Les différentes échéances pour financer les deux premiers A380 ont toujours été versées en retard.

Le contrat a été signé il y a trois ans: six super jumbo à plus de 2 milliards de dollars l'exemplaire, prix catalogue. C'est un revers pour Airbus car ce contrat lui permettait de mettre enfin un pied au Japon. Ce marché est la véritable chasse gardée de son concurrent Boeing.

Qui est Skymart?

Skymart est une compagnie low cost, spécialisée dans les vols régionaux. Pendant des années, elle a été une machine à cash. Mais l'arrivée de nombreuses compagnies à bas couts au Japon lui a coupé les ailes. Pour se relancer, elle voulait utiliser ses A380 pour faire du long courrier à des tarifs très compétitifs. La première ligne envisagée était Tokyo - New York.

Mais Skymark partait avec un handicap de poids, elle n'appartient à aucune grande alliance aéronautique, comme One World et Skyteam. Difficile, dans ces conditions, de concurrencer les opérateurs historiques que sont Japan Airlines et ANA.

L'image mise en jeu

Officiellement ce n'est pas un drame. En fait tout dépend des raisons de l'annulation. Dans le cas de Skymark, Airbus a préféré prendre les devants avant de commencer à aménager les cabines. Du coup, les 2 exemplaires en cours de fabrications vont pouvoir être attribué à une autre compagnie. En résumé cela réduit les délais de livraisons et l'impact financier est quasi-nul.

Après, il y a l'exemple d'Emirates, plus délicat à gérer. En juin, la compagnie a annulé 70 A350 pour les remplacer dans la foulée par des Boeing. L'impact financier est limité, Emirates avait versé 1% du contrat au moment de la commande. En revanche, en termes d'image, c'est beaucoup plus difficile à gérer. Il faut tout faire pour que d'autres compagnies ne s'inspirent pas de l'exemple d'Emirates.

Enfin, dernier cas de figure, le plus agréable pour un avionneur: une compagnie annule une commande pour la remplacer par un autre de ses modèles. C'est ce que vient de faire Hawaiian Airlines. La compagnie a renoncé à 6 exemplaires du plus petit des A350 pour les remplacer par 6 A330 remotorisés qui viennent juste d'être commercialisés. Dans ce cas, c'est un coup double pour Airbus. Son nouveau programme engrange des commandes et il sera plus facile de renoncer au développement du plus petit des A350.

Mathieu Sévin