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Ghosn: "Je sais que le marché veut une fusion (…), je ne pense pas que nous soyons prêts aujourd'hui"

Carlos Ghosn estime que la fusion Renault-Nissan n'est pas pour tout de suite.

Carlos Ghosn estime que la fusion Renault-Nissan n'est pas pour tout de suite. - Eric Piermont - AFP

Pour Carlos Ghosn, une fusion Renault-Nissan n'est pas exclue. Mais elle n'est pas prévue dans l'immédiat.

Carlos Ghosn préfère avancer pas à pas. Le PDG de l'alliance franco-japonaise Renault-Nissan a jugé mardi que les deux constructeurs d'automobiles n'étaient pas encore mûrs pour une fusion. "Je sais que le marché veut une fusion, mais il a sa propre logique et nous avons la nôtre", a déclaré Carlos Ghosn lors d'une table ronde avec la presse au siège de Nissan, à Yokohama (banlieue de Tokyo), alors que les récentes tensions avec l'État français ont remis le sujet sur la table.

"L'idée d'une fusion était déjà apparue en 1999", quand est née l'alliance, a-t-il rappelé. "C'est une décision facile à prendre, mais pas à exécuter, je ne pense pas que nous soyons prêts aujourd'hui (...), nous avons besoin de beaucoup plus de convergences pour imaginer un jour éventuellement une fusion". "Nous n'excluons pas que peut-être un jour elle fera sens, mais nous avons encore beaucoup de choses à faire", a poursuivi le PDG, promettant de nouvelles "synergies" entre les deux groupes en 2016.

"Le problème est derrière nous"

Revendiquant "une approche très pragmatique, sans tabou", il a évoqué les "peurs d'une Nissan-isation de Renault, et d'une Renault-isation de Nissan". "Si (la fusion) est source d'inquiétudes, et non d'espoir, (...) quand vous sentez des résistances", c'est que le moment n'est pas venu. Carlos Ghosn s'exprimait trois jours après la conclusion d'un compromis encadrant l'influence de l'État français au sein de Renault, au terme de huit mois de crise. "Le problème est derrière nous", s'est-il félicité.

"Je suis satisfait de voir qu'après ces difficiles et sensibles négociations, nous avons fini par trouver un dénominateur commun". "C'est un jalon très important" pour Nissan, dont le principe d'autonomie est désormais "explicitement gravé, avec des conséquences en cas de violation", a expliqué le PDG de l'alliance. Si Renault devait interférer dans la gouvernance de Nissan, la firme japonaise pourrait alors porter sa part dans Renault de 15% à 25%, et ainsi annuler les droits de vote du français. Quant au Japon, certains tendent à juger que Renault profite désormais trop de Nissan et que l'alliance s'en trouve déséquilibrée, Carlos Ghosn a dit "vouloir éviter tout rapport de force".

D. L. avec AFP