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Fin d’Autolib’: que faire des bornes de recharge?

Le Syndicat Autolib' Vélib' Métropole devrait décider cette semaine de la résiliation du contrat avec Bolloré, signant la fin du service d'autopartage. A Paris, l'opposition réclame le maintien des bornes pour les mettre à disposition des Parisiens.

La mort d'Autolib' se profile. Jeudi, le Syndicat Autolib' Vélib' Métropole (SAVM) qui regroupe les communes adhérentes à ce service d'autopartage va proposer la résiliation du contrat passé avec le Bolloré. En cause, la dette de 293,6 millions d'euros du service que refuse de régler le syndicat. En tout, Bolloré réclame aux collectivités 233 millions d'euros soit 46 millions d'euros par an jusqu'à la fin du contrat en 2023.

Cette résiliation du contrat pose la question de l'avenir des infrastructures Autolib' installées à Paris et dans la centaine de communes adhérentes. En tout, Autolib' dispose de 6.200 places de stationnement équipées de bornes de recharge dans toute l'Ile-de-France.

"Des milliers de stations Autolib' inexploitables"

"Aujourd'hui, on va se retrouver avec des milliers de stations Autolib' qui sont vides, inexploitables en l'état", déplore sur BFM Paris Florence Berthout, chef de file des Républicains au Conseil de Paris. La maire du 5e arrondissement qui s'agace de l'"énorme fiasco financier" souhaite que ces bornes puissent être réutilisées.

"Ce que je voudrais, c'est que ce réseau de recharges puisse être très rapidement mis à la disposition des Parisiennes, des Parisiens, des Banlieusards qui viennent dans Paris et qui ont des véhicules propres", poursuit-elle. 

A l'échelle de l'Ile-de-France, le parc automobile électrique se compose de 24.540 véhicules soit 0,3% du volume de voitures en circulation dans la région (chiffres AAAData pour le mois d'avril).

Les villes, propriétaires des bornes

Dans Le Parisien vendredi, la présidente du SAVM Catherine Baratti-Elbaz a fait savoir que "si Bolloré reste propriétaire des voitures, les bornes de recharge, elles deviennent la propriété des villes". Les communes pourraient donc choisir d'utiliser ces emplacements pour la venue de nouveaux services d'autopartage.

"Il y aura certains détails à discuter, comme la question du stationnement dans chacune des communes adhérentes, afin d'éviter les abus, ou de l'accès aux bornes de recharges", ajoute Catherine Baratti-Elbaz. 

La semaine dernière, la ville de Paris a réuni des constructeurs et start-up prêts à développer d'autres solutions, notamment de l'autopartage en free-floating. Avec ce système, l'automobiliste qui emprunte une voiture peut la déposer n'importe où... à condition de trouver de la place.

Si les constructeurs semblent intéressés par Paris, la question du stationnement sera cruciale. "Paris, c'est viable si toutefois on a une bonne gestion des parkings", explique ainsi le groupe PSA, qui se dit prêt à déployer prochainement jusqu'à 1.500 véhicules électriques dans la capitale. 

Carole Blanchard