BFM Business

Etihad accuse United, Delta et American Airlines d'avoir touché 70 milliards d'aides

Etihad Airways contre attaque

Etihad Airways contre attaque - Airbus

La compagnie du Golfe a dévoilé ce vendredi une étude révélant que les trois plus grandes compagnies aériennes américaines avaient touché depuis 2000 un soutien financier plus important que celui dont auraient bénéficié les compagnies du golfe.

C'est en quelque sorte la réponse du berger à la bergère. Ce vendredi 15 mai, Etihad Airways a publié une étude commandée à la société britannique de conseil en risques The Risk Advisory Group. Ce document met en exergue les aides publiques qu'ont touchées les trois principales compagnies aériennes américaines depuis 2000.

Ce qui sonne de fait comme une réponse cinglante. En février dernier, American Airlines, Delta Air Lines et United Airlines avait en effet publié un rapport de 55 pages pour dénoncer les quelque 42 milliards de dollars de subventions que touchaient les compagnies du Golfe (Emirates, Qatar Airways, Etihad) depuis 2004. Etihad aurait bénéficié à elle seule d'environ 17 milliards de dollars. C'est donc cette dernière qui riposte.

71,48 milliards de dollars d'aides

Selon le rapport commandité par la compagnie d'Abu Dhabi, les trois principales compagnies aériennes, United Airlines, Delta Air Lines et American Airlines (soit les trois qui avaient dégainé en février), ont bénéficié de 71,48 milliards de dollars d'avantages de la part de l'Etat américain depuis 2000.

De fait, ces aides étaient pour l'essentiel destinées à sortir de l'ornière ces trois compagnies qui n'étaient pas loin de mettre la clef sous la porte au début des années 2000. Ainsi au titre du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, United a touché 44 milliards, Delta 15,02 milliards de dollars et American Airlines 12,05 milliards. Ces "avantages" étaient notamment constitués d'allègements de dette.

Concrètement, Etihad ne conteste pas ces aides. "Nous ne mettons pas en cause la légitimité des avantages offerts aux transporteurs américains par le gouvernement américain et les tribunaux de faillite", explique Jim Callaghan, le conseiller juridique d'Etihad cité dans le communiqué accompagnant les conclusions de l'étude.

"Nous souhaitons simplement souligner le fait que les transporteurs américains ont bénéficié et continuent de bénéficier d'un régime légal très favorable. (...) Ces avantages généralement disponibles pour les seuls transporteurs américains ont créé un marché fortement faussé dans lequel une compagnie comme Etihad Airways doit soutenir la concurrence", ajoute-t-il.

Outre les groupes américains, les compagnies européennes elles aussi s'en sont prises aux avantages dont bénéficient les compagnies du Golfe. Récemment, le PDG d'Air France Frédéric Gagey a dénoncé les "subventions indirectes" dont elles bénéficient puisqu'elles s'acquittent de très faibles redevances aéroportuaires dans leur pays".

J.M.