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En Allemagne, le premier TER à hydrogène a été mis en service

Alimenté par une pile à combustible dans laquelle l'hydrogène est transformé en énergie électrique, le train Coradia iLint émet uniquement de la vapeur d’eau et de l'eau condensée.

Alimenté par une pile à combustible dans laquelle l'hydrogène est transformé en énergie électrique, le train Coradia iLint émet uniquement de la vapeur d’eau et de l'eau condensée. - Alstom

Développé par Alstom, le premier train à hydrogène circule à une vitesse maximale de 140 km/h et avec une autonomie de 1000 km sur une ligne régionale du nord de l'Allemagne. Il remplace, sur des lignes non-électrifiées, des motrices diesel rejetant des émissions polluantes.

Construit par Alstom dans son usine de Salzgitter, en Allemagne, le train Coradia iLint roule désormais outre-Rhin sur une ligne de 100 km non-électrifiée de train régional en remplacement de motrices diesel. Ce train est équipé de piles à combustible qui transforment l'hydrogène et l'oxygène en électricité, ce qui lui fait rejeter de la vapeur d'eau éliminant ainsi les émissions polluantes associées à la propulsion. Dès ce lundi 17 septembre, deux de ces trains entrent en service commercial, en Basse-Saxe.

Ils seront ravitaillés dans une station mobile de distribution d'hydrogène. L'hydrogène gazeux sera injecté dans les trains depuis un conteneur en acier d'environ 12 mètres de haut, près des voies en gare de Bremervörde. Avec un plein, les trains ont une autonomie totale de 1000 kilomètres, "ce qui leur permettra de circuler sur le réseau durant toute une journée" précise Alstom.

Cette innovation développée par Alstom repose sur l'utilisation de l'hydrogène, vecteur de la transition énergétique, en tant que carburant dans les véhicules électriques (voiture, trains), garantissant une meilleure autonomie que les batteries.

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- © Le Coradia iLint est alimenté en hydrogène par une station de distribution. Alstom

Cette première mise en service d'un TER à hydrogène, conditionnée par l'obtention de son homologation prochaine, est la résultante d'un contrat signé en novembre 2017 avec le Land de Basse-Saxe. Portant sur la fourniture des 14 trains à pile à combustible (fabriqués dans l'usine allemande Alstom de Salzgitter), ce contrat associe Linde, fournisseur de gaz, qui exploitera la station de distribution d’hydrogène située dans la ville de Bremervörde, sur la ligne desservie par le nouveau train.

En plus de ce contrat, Alstom a signé des lettres d’intention pour un total de 50 trains avec les Lands de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Bade-Würtemberg et Hesse. "En outre, il y a un intérêt pour ce train dans d’autres pays, notamment au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, au Danemark, en Norvège, en Italie et au Canada", explique-t-on chez Alstom.

Et en France? Un député LREM de Gironde (Benoît Simian) plaidait il y a quelques semaines dans 20minutes, pour une expérimentation des premiers trains hydrogène de France sur la ligne régionale Bordeaux-Soulac.

L'hydrogène : un gaz qui consomme de l'énergie pour être produit

L'hydrogène n'est pas un gaz fossile qu'on trouve en sous-sol comme le pétrole ou le gaz. Il provient essentiellement du reformage de méthane qui produit beaucoup de CO2, l'un des principaux gaz à effet de serre. Pour offrir un meilleur bilan CO2, les véhicules à hydrogène, s'ils ne rejettent que de la vapeur d'eau, doivent donc se reposer sur un mode de fabrication "propre" de l'hydrogène, ce qui suppose d'utiliser le procédé d'électrolyse de l'eau avec de l'électricité d'origine renouvelable éolienne ou solaire.

Frédéric Bergé