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En 15 ans, le prix des voitures a bien moins augmenté qu'on ne le croit

L’an dernier, le prix moyen d’une voiture neuve était de 25.828 euros, selon l’étude annuelle du magazine L’Argus. Il y a 15 ans, selon la même étude sur la voiture de 2001, il était de 17.067 euros (valeur faciale).

L’an dernier, le prix moyen d’une voiture neuve était de 25.828 euros, selon l’étude annuelle du magazine L’Argus. Il y a 15 ans, selon la même étude sur la voiture de 2001, il était de 17.067 euros (valeur faciale). - AFP

Si les voitures neuves semblent chaque année plus inaccessibles sur le plan financier, en réalité, eu égard à l’inflation et surtout aux technologies de plus en plus coûteuses qu'elles intègrent, leur prix moyen n'a que peu évolué.

Trop chère, voilà comment les Français pourraient résumer le coût à l’achat d’une voiture neuve. Ils sont en effet de plus en plus nombreux à se tourner vers l’occasion (trois achats de voitures sur quatre), et l’âge moyen d’acquisition de la première voiture en concession de reculer: 55,3 ans en 2015. Et pourtant. En comparant les chiffres, et surtout l’équipement des voitures, le prix d’un modèle neuf a pourtant moins augmenté qu'on ne le pense.

Moins de 5000 euros d'écart

L’an dernier, le prix moyen d’une voiture neuve était de 25.828 euros, selon l’étude annuelle du magazine L’Argus. En 2001, selon la même étude, il était de 17.067 euros (valeur faciale). Corrigé de l’inflation, une voiture se négociait donc en moyenne 21.335 euros. Soit 17% de moins qu'aujourd'hui.

Or, en 15 ans, cette fameuse voiture moyenne a bien changé. En 2001, les Français achetaient une voiture plus petite (4,09 mètres, soit la taille d’une Clio actuelle, contre 4,23 aujourd’hui), moins puissante (93 chevaux, contre 116 en 2016) et surtout équipée de technologies bien moins sophistiquées.

De la sécurité à la dépollution

En 2001, l’injection se généralise sur le diesel et le pot catalytique est déjà bien répandu, obligatoire depuis 1993. Les systèmes de dépollution en revanche, ou le système de sécurité ABS, ne font pas encore partie des packages obligatoires. Et de nombreux éléments, comme les essuie-glace automatiques, restent bien souvent des options.

En 2016, les moteurs essence ont adopté les technologies des diesel (injection notamment), les systèmes de dépollution se sont généralisés et l’électronique a envahi la voiture. Sans compter les phares, à LEDs par exemple, dont le tarif n’a cessé de grimper. Deux mondes les séparent.

Des prix qui pourraient grimper avec la voiture autonome

"Les voitures sont de plus en plus technologiques, cela fait longtemps que cela dure. Mais au cours des dernières années, la part de l’électronique dans le prix d’un véhicule a été décuplée, explique Guillaume Crunelle, expert automobile associé chez Deloitte. Il est cependant difficile de dire que l’augmentation du prix est dû à ces nouveaux équipements. Il y a aussi un contexte de taux d’intérêt très bas, après 6-7 ans de faible consommation les ménages se rééquipent, le tout dans un contexte de faibles prix des carburants".

Mais le prix des voitures pourrait bien grimper dans les années à venir. "Les constructeurs vendent pour le moment des équipements, mais avec les futurs véhicules autonomes, les marques vous vendront aussi le chauffeur, virtuel donc, avec la voiture, ce qui devrait renchérir forcément son prix", poursuit Guillaume Crunelle. Reste à savoir dans quelle mesure elle pèsera dans les ménages.

Pauline Ducamp