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Emmanuel Combe : « La marge de Ryanair est meilleure que celle de Louis Vuitton »

Sur le plateau de 12H, l’Heure H, le vice-président de l’Autorité de la Concurrence est revenu sur les difficultés de la firme irlandaise. Des difficultés à tempérer même si Ryanair est aujourd’hui obligé de « rentrer dans le rang ».

Ryanair à la peine ? La compagnie aérienne low-cost a vu son bénéfice net plonger de 21% pour le premier trimestre de son exercice comptable 2019-2020. Dans un marché européen hyper-concurrentiel, Ryanair n’échappe à la guerre des prix, ni à la hausse du prix du kérosène.

Mais pour Emmanuel Combe, vice-président de l’Autorité de la Concurrence, l’entreprise « n’est absolument en danger », explique-t-il sur le plateau de 12H, l’Heure H. « La marge de Ryanair est en 16 et 18% sur le résultat net. C’est mieux que Louis Vuitton ! ».

Pas de remise en cause, donc, du modèle économique très lucratif. « Mais Ryanair a toujours été limite, vis-à-vis du droit du travail. Elle est en train de rentrer dans le rang » poursuit Emmanuel Combe. « Il y a des règles en Europe, il y a un droit du travail. Elle a été forcée à reconnaitre les syndicats, sous la contrainte, car il y a une pénurie de pilotes ». La compagnie a toujours été « à la frontière du droit » souligne le spécialiste du secteur. « Et elle attend toujours pour se mettre aux normes. Donc, oui, il y aura un choc sur les coûts ».

Mais le vrai sujet pour Ryanair, il est davantage structurel. Présente sur les petits aéroports français, la compagnie aura du mal à séduire les clients business sans proposer les principaux aéroports comme ceux de Paris. « Pour le moment, elle a une clientèle très touristique. Que se passera-t-il, le jour où le prix du pétrole remonte violemment ? Et donc comment aller sur le marché business ? » Ce sera le grand enjeu des années à venir pour l'entreprise irlandaise.