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Élisabeth Borne veut "faire payer les poids lourds" pour entretenir les routes

Élisabeth Borne, la ministre déléguée aux Transports.

Élisabeth Borne, la ministre déléguée aux Transports. - Christophe Archambault - AFP

La ministre des Transports juge nécessaire de "réfléchir à une façon de faire payer les poids lourds" afin de financer l'entretien des routes françaises. Elle exclut toutefois de relancer le projet d'écotaxe abandonné par le précédent gouvernement.

Le ministère des Transports cherche des solutions pour mener à bien tous ses projets. Dans un entretien accordé au quotidien Les Échos, Élisabeth Borne indique que "pour le quinquennat à venir, près de 10 milliards de projets d'infrastructures ont été annoncés (par le précédent gouvernement, NDLR) sans être financés, dont 7 milliards de nouveaux projets". Mais, selon elle, l'État "ne pourra pas poursuivre une politique des transports faite de promesses non financées". 

Faute de crédits suffisants, la ministre prévient que "l'argent disponible ira prioritairement à l'entretien et à la modernisation" des réseaux de transports existants (rail et route) et que "l'ajustement budgétaire sera fera sur les grands projets".

"Réfléchir aux ressources" 

Élisabeth Borne indique également qu'elle a pour mission de "réfléchir aussi aux ressources". Dans les colonnes du quotidien économique, l'ex-patronne de la RATP avance plusieurs pistes pour faire rentrer de l'argent dans les caisses de son ministère. Au premier rang desquelles le retour d'une taxe sur les poids lourds.

"Les flux de camions qui transitent par nos territoires doivent eux aussi contribuer au financement de nos infrastructures."

La ministre des Transports exclut cependant le retour de l'écotaxe, créée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, car "ce ne serait pas une bonne idée de la relancer en l'état". 

Mesure phare du Grenelle de l'Environnement en 2007, cette taxe sur les poids lourds devait financer la construction et l'entretien des infrastructures de transports. Jamais appliquée, elle avait été supprimée en 2013 après la fronde menée par les "bonnets rouges" bretons puis définitivement enterrée par Ségolène Royal. Un "échec" coûteux, évalué à plus d'un milliard d'euros par la Cour des comptes.

Comme le rappelle l'AFP, pour trouver les recettes manquantes, le précédent gouvernement avait alors choisi d'augmenter la taxe sur les carburants (TICPE).

Vers des péages sur les routes nationales 

Selon Élisabeth Borne, plusieurs régions "sont volontaires pour lancer des expérimentations" ou pour créer "une taxe spécifique dédiée aux besoins en équipement", à l'instar de celle instaurée en 2011 pour le Grand Paris.

La ministre des Transports évoque aussi "la mise en place de péages sur certaines sections de routes nationales, sans pénaliser les déplacements de proximité, à l'image de ce qui a déjà été fait dans les Landes".

Enfin, elle indique qu'il "ne serait pas raisonnable" pour l'État "d'investir encore beaucoup d'argent dans un nouveau plan de relance" du réseau autoroutier concédé. 

Antonin Moriscot avec AFP