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EADS va réduire la voilure sur ses activités militaires

L'A400 pourrait notamment pâtir un peu plus de la réduction des dépenses militaires des Etats.

L'A400 pourrait notamment pâtir un peu plus de la réduction des dépenses militaires des Etats. - -

Le président exécutif d'EADS a annoncé, dans une interview donnée au Süddeutsche Zeitung de ce lundi 28 octobre, que la branche militaire de son groupe va faire face à des réductions de coûts et d'emploi. La faute à une conjoncture dégradée.

"Une chose est certaine : sans des mesures draconiennes, on y arrivera pas". Le numéro 1 d'EADS, Tom Enders annonce clairement la couleur.

Dans une interview donnée au quotidien allemand Süddeutche Zeitung de ce lundi 28 octobre, le président exécutif du groupe explique clairement que les activités militaires de son groupe vont devoir se serrer la ceinture: "nous ne pourrons pas éviter de nouvelles réductions des coûts et des effectifs". "En décembre, nous pourrons nous exprimer concrètement sur ce dossier", a-t-il annoncé.

Pour le moment l'ampleur des réductions de coûts n'est donc pas connue, mais il y a fort à parier qu'EADS s'apprête à réaliser la plus grande restructuration de son histoire.

Des dépenses militaires en baisse

De fait, le groupe souffre sur ses activités défense, qui représente 30% de son chiffre d'affaires, de la réduction des dépenses militaires des différents gouvernements. Pour donner un exemple, la France va, sur la période 2014-2019, réduire ses effectifs de plus de 33.000 postes dans la mission "Défense". L'année dernière, les dépenses militaires mondiales ont connu une baisse de 0,5% par rapport à 2011, selon le Stockholm International Peace Research Institute (Sipri). Du jamais-vu depuis 1998.

L'A400M, le transporteur militaire d'EADS, pourrait notamment faire les frais de ces tours de vis budgétaires. A terme, la France doit commander 50 appareils de ce type. Mais la confirmation de cette cible reste incertaine.

Selon le compte-rendu d'une audition parlementaire du 19 septembre 2013, Marwan Lahoud, le directeur de la stratégie et du marketing d'EADS, soulignait que dans la loi de programmation militaire "les livraisons prévues d’A400M d’ici à 2020 passent de 35 à 15" unités.

Une vaste réorganisation

"Bien qu’il entre dans notre métier d’industriel de nous adapter aux besoins et aux cadences, je souhaite néanmoins attirer votre attention sur l’importance de la continuité de l’effort s’agissant de l’A400M, gage de sa crédibilité", plaidait-il alors devant les députés. Une réduction des hélicoptères Tigre était également prévue dans le même texte.

Devant cette conjoncture morose, qui tranche avec le dynamisme de ses activités civiles, EADS a décidé, en juillet dernier, de se réorganiser. Ainsi trois entités fusionnent en une. Cassidian (Défense), Astrium (espace) et Airbus Military, qui produit l'A400M, vont être regroupés au sein d'une même entité, "Airbus Defense&Space", à partir du 1er janvier 2014. Avec l'objectif affiché, pour EADS, de devenir plus compétitif dans les activités de Défense.

Julien Marion