BFM Business

Dyson: la voiture électrique "réunit en un seul projet" 25 ans d'innovation

Fils de James Dyson, le fondateur de l'entreprise, Jake Dyson est lui aussi un inventeur.

Fils de James Dyson, le fondateur de l'entreprise, Jake Dyson est lui aussi un inventeur. - Éric Piermont / AFP

Connue pour ses appareils d'électroménager haut de gamme, l'entreprise Dyson est surtout à l'origine de plusieurs technologies de pointe: des moteurs numériques aux batteries. Ces mêmes innovations que l'entreprise appliquera demain dans le secteur de l'automobile, comme l'a détaillé le fils du fondateur, Jake Dyson, sur BFM Business ce mercredi.

Des aspirateurs, des sèches cheveux et bientôt des voitures. Invité de Good Morning Business ce mercredi matin, Jake Dyson, ingénieur-en-chef et fils du fondateur de la marque d'électroménager Dyson, est revenu sur les ambitions industrielles du groupe. 

Chez Dyson, c'est l'innovation qui amène le produit et non l'inverse. L'entreprise fabrique depuis plus de 18 ans des moteurs numériques de pointe d'abord appliqués aux aspirateurs sans filtre, puis, au fur et à mesure, à toute leur gamme de produits d'électroménager.

"Notre expérience dans le développement des moteurs fait que nous avons eu des idées sur comment les miniaturiser et comment on peut appliquer" cette technologie à des nouveaux produits, a détaillé Jake Dyson.

Des aspirateurs aux voitures électriques

Après l'électroménager, le groupe britannique compte désormais s’attaquer à l'automobile. En septembre dernier, James Dyson a dévoilé qu’une équipe de 400 ingénieurs travaillent déjà sur ce projet. L’entreprise va investir un milliard de livres (1,1 milliard d’euros) pour développer la batterie et un autre milliard pour la voiture proprement dite. 

"C’est une très belle opportunité pour réunir les technologies que nous avons développées ces 25 dernières années en un seul et unique projet", a souligné Jake Dyson. "Nous sommes en train de développer des batteries particulières, nous sommes des experts dans les moteurs électriques numériques et en plus nous avons conçu un purificateur d’air [...]. Nous investissons également l’intelligence artificielle, la robotique, les systèmes de vision 3D [...]. L’investissement dans ces technologies, dans l’ingénierie créative, nous permet de penser à la possibilité d’un si grand projet qu’est la voiture électronique."

Pénurie d'ingénieurs

Pour développer ces technologies de pointe, Dyson mise à fond dans l’ingénierie. "C’est à la source de beaucoup de succès" de l’entreprise, a insisté Jake Dyson. Le groupe britannique a d’ailleurs créé une université post-bac sur son campus au Royaume-Uni pour former des ingénieurs "parce qu’on pense qu’il y a une pénurie", a-t-il déploré.

"On n’a pas assez d’ingénieurs. on recrute énormément pour notre projet de voitures électriques et on est toujours à court de bons ingénieurs, donc on a décidé de les former nous-même. Mais c’est également pour changer l’image de l’ingénierie. […] C’est un sujet fondamental pour tous les pays, […] historiquement ça a toujours été essentiel pour la force de l’économie, pour améliorer la vie des gens et avoir de grandes avancées scientifiques."

Investir "sans que des actionnaires contaminent tout"

Jake Dyson sait de quoi il parle. Occupant le poste d'ingénieur-en-chef dans l'entreprise familiale, il est, comme son père, un inventeur. Il a commencé sa carrière indépendamment du groupe Dyson, en mettant au point une lampe LED de bureau capable de durer 33 ans grâce à un système de refroidissement interne. 

Cette aventure entrepreneuriale "c’était il y a 10 ans, j’étais indépendant de Dyson à l’époque, j’avais mes propres rêves, ma propre vie", a-t-il raconté. "Puis Dyson a commencé à s’intéresser à mon produit". Le fils a fini par rejoindre le conseil d'administration de l'entreprise familiale en 2013, avant d'intégrer à son tour le giron du groupe en 2015. Ses lampes font maintenant partie intégrante du catalogue de la firme. Avec une telle filiation, on voit mal comment la famille Dyson pourrait s'éloigner de l'entreprise. 

"Mon père et moi avons beaucoup parlé ces cinq dernières années pour savoir si ça devait rester une entreprise familiale ou non", a confié Jake Dyson. "Personnellement je ne pense pas voir cette entreprise sortir de la famille. On veut pouvoir penser à l’avenir de l’entreprise, investir dans ce qui nous intéresse et aller de l’avant sans que des actionnaires viennent et contaminent tout."

J.-C.C.