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DS3 Crossback : le petit concentré du futur de PSA

La DS3 Crossback prolonge la stratégie offensive de PSA sur les SUV de segment B, avec une technologie d'avant-garde.

La DS3 Crossback prolonge la stratégie offensive de PSA sur les SUV de segment B, avec une technologie d'avant-garde. - Antoine Larigaudrie - BFMBusiness

ON A TESTÉ - La dernière née de la marque DS regroupe en un seul produit plusieurs axes de développement cruciaux pour l'avenir de PSA. Essai.

Elle vient à peine de sortir et ne laisse absolument personne indifférent, avec des avis totalement divergents sur son esthétique. Haute sur pattes, toute en rondeurs, campée sur de grosses jantes en spirale, la DS3 Crossback ne manque pas de caractère. Certains préfèrent l'avant, et ses phares surmontés de galbes élégants et sa calandre en grille, d'autres un profil dynamique (orné de l'aileron de requin entre les portes avant et arrière, référence à la première DS3 compacte), d'autres encore un arrière aux optiques fins et étirés... mais aucun véritable consensus !

En tout cas, le premier SUV de segment B de DS ne manque ni de classe ni de caractère, surtout dans sa finition « La Première », où l'on retrouve la plupart des détails maison de la marque haut de gamme de PSA : sellerie en cuir de haut niveau, en « bracelet de montre », compteurs et boutons aux formes biseautées, coutures spécifiques « en perle »... 

Plateforme du futur

Mais sous cette robe d'avant-garde sont concentrés plusieurs éléments techniques et même économiques cruciaux pour l'avenir de PSA. A commencer par la plateforme sur laquelle est campée la DS3 Crossback, la CMP (Common Modular Platform). La première plateforme à la fois totalement commune à toutes les marques PSA (Opel, Citroën, Peugeot et DS), à tous les formats de véhicules (SUV, berlines, compactes), avec la possibilité d'y monter indifféremment des moteurs essence, diesel... et électriques.

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- © Antoine Larigauderie

C'est d'ailleurs sur cette même base technique qu'est conçue la Peugeot 208 qui sera commercialisée à la fin de l'année, ainsi que la nouvelle version de l'Opel Corsa, deux berlines compactes destinées à être produites sur des volumes très importants. Une véritable plateforme « à tout faire », multi-énergies, qui sera donc la base de travail de l'ensemble du groupe PSA pour la décennie à venir.

Chasse au CO2

La DS3 Crossback est donc la première à l'étrenner. Et à l'usage, en conduite urbaine, sur les routes de campagne et sur les grands axes, elle se révèle souple et confortable, donc parfaite pour un SUV typé urbain. Le tout gardant une certaine vivacité, qui la rend très agréable à conduire sur petites routes notamment.

L'ensemble moteur-boîte est un point fort de cette voiture également, la boîte de vitesse automatique 8 rapports agissant comme une sorte de 2ème moteur, même si les réactions sont peut-être un peu moins douces que sur le DS7 Crossback. Le petit 3 cylindres de la nouvelle-née est plus nerveux, délivre une puissance très convenable (155 chevaux), avec un léger effet-retard à l'accélération, dû au turbo dont il est doté. Surprenant sur ce type d'engin, mais appréciable quand on aime la conduite un peu plus soutenue... (surtout si on active le mode Sport qui libère les échappements, avec une jolie note métallique). La consommation reste modérée (de 5 à 6 L/100km) avec des émissions de CO2 raisonnables pour ce qui reste un SUV, autour des 120g/km.

Cap sur l'électrique

En bref, un engin avant-gardiste, confortable, polyvalent, et avec un vrai caractère affirmé. Et le meilleur reste à venir, avec une version électrifiée (E-Tense), déjà disponible à la commande, et qui devrait être disponible en fin d'année ou début d'année prochaine. La DS3 Crossback là aussi va jouer les bancs-tests d'un autre enjeu majeur de PSA : l'électrification.

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- © Antoine Larigauderie

Car la E-Tense du petit SUV DS ne sera pas hybride, mais 100% électrique. Et sa chaîne de traction doit équiper à terme tous les petits modèles PSA, à commencer par la Peugeot e-208, très attendue elle aussi, et à la diffusion qui s'annonce bien plus large. Selon Jean-Philippe Imparato, le directeur de la marque Peugeot, sur le millier de commandes de 208 signées lors du dernier Salon de Genève il y a quelques semaines, 80% concernaient la déclinaison électrique.

Point de convergence

La DS3 Crossback dans sa version E-Tense aura donc la charge également d'étrenner ce moteur électrique de nouvelle génération, à l'autonomie conséquente (300 kilomètres, avec une batterie de 50 kWh), et à faire preuve de son efficacité et de sa praticité au quotidien. 

La nouvelle petite DS est donc en quelque sorte un prototype des principaux axes de développement de PSA pour les années à venir, le tout sur un segment (SUV de type B) qui s'annonce le plus porteur, car il constitue une sorte de point de convergence entre les attentes de la clientèle, et les exigences réglementaires toujours plus fortes en matière d'émissions de CO2. Et ce savoir-faire, PSA le développe désormais dans son usine de Poissy, devenue spécialiste du segment.

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- © Antoine Larigauderie

C'est donc naturellement là qu'elle est fabriquée. La DS3 Crossback n'est pas promise a priori à des volumes de ventes spectaculaires, du fait de son positionnement haut de gamme (de 23.500 à 40.500 euros pour la version La Première, essayée ici) et d'une image de marque encore très discrète. Mais au vu de cet essai, elle possède toutes les qualités pour valider les choix stratégiques de PSA, en y ajoutant une plus-value très importante, celle du luxe et du plaisir de conduite. 

Son esthétique ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais finalement peu importe. Cela constitue même un plus. L'ambition et le parti-pris sont bien là, du point de vue de la gamme et de la technologie, et son statut de concentré d'avenir en font un engin très réussi, et particulièrement attachant pour le conducteur. Et sans doute une voiture importante, symbole d'un changement d'époque chez PSA.