BFM Business

Deux fois plus de voyageurs chez BlaBlaCar avec les grèves mais pas d'augmentation des prix

Pour les congés de fin d'année, le service promet 2 millions de sièges disponibles, dont les trois-quarts en co-voiturage. Soit l'équivalent de 5.000 TGV.

Sans surprise, BlaBlaCar est l'un des grands gagnants de la grève des transports qui dure maintenant depuis deux semaines. La start-up voit ses compteurs exploser avec deux fois plus de voyageurs transportés en co-voiturage, indique ainsi ce jeudi Nicolas Brusson, son directeur général, dans l'émission "12h, L'Heure H" sur BFM Business.

Et il compte évidemment mettre le paquet pour les vacances de fin d'année, alors que la SNCF aura bien du mal à transporter tous les voyageurs. "En fait, on voit deux choses, on voit évidemment un afflux de passagers, ça c'est une évidence. Mais le deuxième phénomène qu'on voit qui est assez intéressant, c'est le phénomène d'entraide avec énormément de conducteurs qui proposent leurs sièges disponibles. Et on est capable d'ajuster la taille du réseau avec de plus en plus de conducteurs et de conductrices, (ce) qui permet d'absorber cette demande exceptionnelle autour de Noël", détaille Nicolas Brusson.

Concrètement, "pour les 15 jours à venir, on s'attend à avoir plus de 2 millions de sièges disponibles entre BlaBlaCar et BlaBlaBus, sachant que les trois quarts sont en co-voiturage", annonce le responsable. "2 millions, ça représente 5.000 TGV. Donc non ça n'absorbe pas tous les trains et ça ne pourra jamais absorber tous les trains". Il y aura donc probablement des déçus: "la demande sera probablement supérieure" à l'offre, concède Nicolas Brusson, malgré les efforts de communication pour convaincre plus de conducteurs de partager leurs voitures. 

Pas de hausse des prix

Cet afflux pour le co-voiturage a-t-il entraîné une augmentation des prix chez BlaBlaCar? Si on constate une flambée des tarifs chez les spécialistes du VTC (Uber et Kapten), avec des multiplications par 3 ou 4 qui font polémique, ce n'est pas le cas chez le spécialiste du co-voiturage. "Les prix ne changent pas. (...) C'est la beauté du co-voiturage, c'est la beauté de ce phénomène d'entraide. Aujourd'hui, les prix qu'on propose aux co-voitureurs ne sont pas changés par les conducteurs ou les conductrices. Donc un trajet à Noël, ce vendredi, la semaine prochaine, est quasiment ou plus ou moins le même prix que n'importe quel week-end de l'année. Donc on reste sur des prix très doux", explique-t-il.

Ce qui s'explique également par l'encadrement légal de cette pratique. En effet, l'argent donné par un utilisateur doit correspondre à une participation aux frais. Si ce n'était pas le cas, l'activité de BlaBlaCar ne ferait plus partie de l'économie du partage et les conducteurs qui proposent des places devraient également déclarer au fisc ces revenus qui deviendraient imposables. 

Nicolas Brusson précise par ailleurs ne pas constater de marché noir de la revente de places. "Il n'y en a pas sur BlaBlaCar parce que nous avons des paiements sécurisés, tout est transacté en ligne. (...) Les prix sont déclarés, c'est une plate-forme de confiance qu'on a créée. Il n'y pas de transaction au noir ou quoi que ce soit. Est-ce que ça peut se passer hors plate-forme par ailleurs? Peut-être, on ne sait pas. Mais le gros des transactions se passe en ligne sur une plate-forme sécurisée".

Olivier Chicheportiche