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"BlaBlaCar ne sera pas rentable cette année", explique son patron Frédéric Mazella

Le fondateur de BlaBlaCar doit faire face à de lourds investissements. Mais Frédéric Mazella compte sur le covoiturage domicile-travail pour doper ses revenus.

Cette année encore BlaBlaCar ne sera pas rentable. L'information a été confirmée par son président-fondateur Frédéric Mazzella, qui était invité dans l'émission Good Morning Business ce jeudi sur BFM Business.

"Oui (nous serons rentables) sur le modèle économique, après on est en investissements permanents. L'année dernière, on était à l'équilibre. Cette année, on fait une grande avancée sur les bus en France. Mais pas seulement: en Allemagne, au Benelux, on est en train d'aller plus loin. Donc forcément, on est en phase d'investissements. Quand on est en phase d'investissements, on n'est pas rentable sinon ça se saurait. Non cette année, on ne sera pas rentable mais on l'a déjà annoncé. On a déjà dit qu'en 2018 on était à l'équilibre. Cette année, on investit massivement sur le développement d'un réseau de bus, forcément on ne sera pas rentable", a-t-il expliqué à l'antenne.

Et de poursuivre: "ce qu'il faut vraiment comprendre (c'est) la différence entre la rentabilité d'un modèle économique et la profitabilité d'une société. On peut avoir un modèle économique qui est rentable qui fonctionne bien et ensuite une société qui en phase d'investissements et qui forcément perd de l'argent. Ça il faut toujours le réexpliquer".

900.000 inscrits pour son service de covoiturage

Pour autant, les leviers de croissance se multiplient. Outre l'offensive dans les bus, BlaBlaCar compte bien s'appuyer sur l'essor du covoiturage pour les trajets domicile-travail. Une approche fortement soutenue dans la loi d'orientation des mobilités qui vient d'être adoptée, tandis que la grève du 5 décembre pourrait pousser davantage de Français vers cette solution.

Frédéric Mazzella constate déjà une forte accélération de l'activité dédiée au covoiturage domicile-travail (BlaBla Lines) lancée il y a maintenant deux ans. "Une adoption massive (avec) 900.000 inscrits". Et de mettre en avant les gains de 15 à 30 minutes par trajet pour ceux qui choisissent ce mode de transport.

Un mode de transport qui doit s'inscrire dans la multi-modalité voulue par le gouvernement, c'est-à-dire pouvoir proposer des modes de transports différents vers le travail sans rupture, fluides et où toute l'information est centralisée. Avec son expertise digitale, BlaBlaCar entend bien profiter de ce schéma.

>> Retrouvez l'interview complète en vidéo de Frédéric Mazzella ici.

Olivier Chicheportiche