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Crash de l'A320: la solution radicale des aiguilleurs du ciel allemands

Les agents au sol se chargeraient de rediriger l'avion en perdition en reprogrammant son plan de vol

Les agents au sol se chargeraient de rediriger l'avion en perdition en reprogrammant son plan de vol - John Mac Dougall - AFP

L’autorité en charge du contrôle aérien en Allemagne souhaite que ses agents au sol puissent reprendre les commandes des avions en cas de problème.

Ils n’ont pas ressenti eux-mêmes l’effrayant sentiment d’impuissance de leurs collègues français ayant suivi la trajectoire mortelle de l’A320 de Germanwings piloté par Andreas Lubitz. Mais l’émoi suscité en Allemagne par ce crash a poussé les contrôleurs aériens allemands à oser s’attaquer à un tabou.

Ce mercredi 15 avril, l’autorité en charge de la sécurité aérienne outre-Rhin, la DFS ("Deutsche Flugsicherung"), a souhaité qu’à terme, des agents au sol puissent reprendre les commandes d’un avion manifestement en danger. 

Les contrôleurs aériens allemands n’exigent pas la mise en place immédiate d’une telle procédure mais demandent à ce qu’une réflexion en ce sens soit menée, soulignant que les technologies existent. La DFS, société dont le capital est détenu à 100% par l’Etat, assure d'ailleurs avoir participé à un groupe de recherche sur le sujet piloté par l’Union européenne.

L’idée défendue par les aiguilleurs du ciel allemands serait de pouvoir reprendre en main les commandes d’un avion dont la trajectoire laisserait supposer une défaillance de pilotage. Sans rentrer dans le détail, la DFS explique que les agents au sol se chargeraient de rediriger l’avion en perdition en reprogrammant son plan de vol.

Gare au hacking

Cette suggestion intervient alors même qu'aux Etats-Unis, l'agence fédérale américaine de l'aviation (FAA) est invitée à se pencher sur les risques que font peser les hackers sur la sécurité des avions. Dans un rapport rédigé à la demande du Congrès, des experts relèvent que l'accès à des technologies connectées à internet dans les avions "permettrait à des individus non autorisés d'avoir accès aux systèmes avioniques de l'appareil et de les compromettre". En cause, notamment, les systèmes de divertissement mis à la disposition des passagers.

Des boucliers antivirus (firewall) sont censés protéger contre "toute intrusion par des utilisateurs des systèmes en cabine". Mais quatre experts en cyber-sécurité ont expliqué aux auteurs du rapport que ces firewalls étant des logiciels, ils pouvaient tout à fait être eux-mêmes piratés "comme tout autre logiciel". La FAA pourrait donc être amenée à revoir le processus de certification des avions pour prendre en compte cette "faille" potentielle.

P.K. avec AFP