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Corsair: une hausse du fuel pourrait avoir des effets "sanglants" sur le secteur aérien

Invité sur le plateau de Inside, le patron de Corsair a évoqué le sort d'Aigle Azur et surtout les risques importants qui planent au-dessus du secteur aérien en France.

Corsair va bien. C'est, en substance, ce qu'est venu annoncer Pascal de Izaguirre, PDG de la compagnie aérienne qui lance de nouvelles lignes pour accélérer sa croissance. Une façon de manière de rappeler que Corsair ne connaitra pas le même sort qu'Aigle Azur, placé en liquidation judiciaire. Au point que Pascal de Izaguirre aurait bien pu proposer une offre de reprise… "Ce n'est pas que le dossier ne nous intéressait pas, c'est que nous, on est totalement focalisé sur la mise en œuvre de notre stratégie, qui passe par un plan ambitieux de développement, de modernisation de la flotte, d'accroissement du nombre d'avions, de diversification de notre réseau" explique le PDG de Corsair. "On préfère se concentrer là-dessus. Faire de dossiers extérieurs de croissance externe, ça consomme beaucoup de temps, beaucoup d'énergie."

"Trop de compagnie aériennes"

"On trouvait que ça arrivait trop tôt" poursuit-il. "Je ne dis pas qu'un jour Corsair ne participera pas à la consolidation, qui me parait inévitable, du marché aérien français mais là, c'était trop tôt. Et vous savez, on connait parfaitement quelles sont les conditions, le cadre juridique" lors d'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation. "Il y a un certain nombre de contraintes et on ne se voyait pas entrer dans ce schéma."

Et cette consolidation du secteur aérien français, très fragilisé, peut-elle arriver plus tôt que prévu ? "Cela peut, peut-être, s'accélérer" prévient Pascal de Izaguirre. "Je ne suis pas seul à dire que la consolidation est inévitable (…) Il y a un excès, un trop grand nombre de compagnies aériennes."

Quelques jours après les attaques contre des installations pétrolières en Arabie saoudite, c'est évidemment le cours du pétrole qui est surveillé de près par les professionnels du secteur. "Ce qui peut accélérer ce mouvement, c'est s'il y a un retournement de conjoncture et notamment si le prix du baril de pétrole augmentait parce que, le fait d'avoir un prix du fuel bas a généré, un peu artificiellement, du trafic sous forme d'une explosion du trafic low-cost, et notamment sur le long-courrier" explique-t-il. "Mais une augmentation du fuel et des coûts d'exploitation pourrait évidemment avoir des effets assez sanglants sur les compagnies aériennes, et notamment sur celles qui n'ont pas eu la prudence d'avoir un politique de couverture suffisante."

Thomas Leroy