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Contrôleurs aériens: le gouvernement va lier recrutement et évolution du trafic

La Cour des comptes s'est montrée très critique sur la gestion des ressources humaines au sein de la DGAC.

La Cour des comptes s'est montrée très critique sur la gestion des ressources humaines au sein de la DGAC. - Jonathan - Flickr - CC

Le gouvernement a décidé de retenir trois préconisations de la Cour des comptes sur la gestion des ressources humaines au sein de la Direction générale de l'aviation civile.

Le gouvernement va lier le recrutement des agents de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) à l'évolution du trafic aérien et à la productivité, suivant une recommandation d'un rapport de la Cour des comptes publié vendredi. Parmi les dix préconisations de ce rapport très critique à l'encontre de la gestion de ressources humaines de la DGAC, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a répondu dans une lettre aux "Sages" de la rue Cambon qu'elle allait en mettre en oeuvre trois.

Outre l'ajustement annuel "dès 2022" de la "trajectoire de recrutement des contrôleurs aériens à l'évolution du trafic et aux efforts de productivité", le gouvernement veut refondre "le dispositif d'intéressement à la performance collective" et "mettre fin aux subventions aux organisations syndicales représentatives de la DGAC".

La Cour des comptes recommande par ailleurs d'obliger "les personnels de la navigation aérienne dont la présence détermine la capacité que peut offrir le service minimum" à déclarer au moins 72 heures à l'avance leur participation à un mouvement de grève. Elle précise que cette déclaration doit être "individuelle".

Formation "trop longue"

La Cour suggère aussi de revoir les traitements et primes des agents de la DGAC qui ont "des niveaux de rémunération élevés par comparaison au reste de la fonction publique", lesquels sont en outre "régulièrement accrus par des protocoles sociaux successifs", d'après le rapport.

"Dans le contexte de la crise durable du trafic aérien liée à la pandémie (...), la DGAC ne peut plus s'inscrire dans une logique protocolaire consistant à accorder régulièrement de nouveaux avantages catégoriels à ses agents", affirme la Cour. Sur ces dernières recommandations, le gouvernement estime que "les échéances prescrites, 2022 ou 2023 pour la plupart, apparaissent délicates à tenir" et "nécessitent un dialogue social approfondi avant d'être mises en oeuvre".

Le ministère met en avant les élections professionnelles prévues fin 2022, la reprise du trafic aérien et l'amélioration de la situation financière de la DGAC. La Cour des comptes estime enfin que la formation initiale des contrôleurs aériens est "d'une durée trop longue et d'un contenu trop étendu par rapport aux qualifications requises en première affectation". En 2017 déjà, les "Sages" avaient dénoncé dans un rapport le coût élevé de l'action sociale au sein de la DGAC, critiquant "un immobilisme persistant pour un coût élevé".

P.L. avec AFP