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Comment une université et une ONG ont démasqué Volkswagen

VK pourrait verser 18 milliards de dollars de pénalités.

VK pourrait verser 18 milliards de dollars de pénalités. - Scott Olson- Getty Images- AFP

Les premiers soupçons sur les tests anti-pollution trafiqués par le constructeur allemand sont venus de mesures effectuées par une université américaine. Le but des chercheurs? Prouver que les voitures vendues outre-Atlantique étaient moins polluantes.

Ce sont des tests a priori plutôt bienveillants qui ont permis de mettre au jour les truquages mis en place par Volkswagen. Quand l'International Council for Clean Transportation (ICCT), une ONG spécialisée dans les transports propres, demande en 2013 à l'Université de Virginie Occidentale de tester les émissions de certaines voitures diesel... elle s'attend à conclure que les véhicules vendus aux Etats-Unis sont moins polluants que les autres. Il s'agissait de prouver les bienfaits des normes américaines, nettement plus dures qu'ailleurs. "Notre hypothèse était que toutes ces voitures sortiraient propres", a déclaré Drew Kodjak, directeur exécutif de l'ICCT.

Des niveaux d'émissions d'oxyde d'azote hors norme

Mais l'équipe de chercheurs va constater, à sa grande surprise, que la différence entre les données publiées par Volkswagen et les mesures effectuées dans des conditions réelles sont énormes. Après avoir testé une Volkswagen Jetta 2012 et une VW Passat 2013, les chercheurs ont été "surpris" de voir que les deux modèles affichaient des niveaux d'émissions d'oxyde d'azote bien plus élevés que ce que déclarait Volkswagen, et surtout ce qui est autorisé par la loi. Une différence qui n'existe pas pour des voitures d'autres marques, comme BMW.

Ils décident donc de demander aux autorités américaines des explications sur ces incroyables disparités. Et ils se montrent suffisamment convaincants pour que l’Agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) décide, en mai 2014, de mener ses propres investigations. Ce qui finira par aboutir à l'enquête pénale ouverte en fin de semaine dernière. L'EPA annonçait que VW pourrait devoir verser 18 milliards de dollars de pénalités pour avoir utilisé, sur près de 500.000 voitures diesel VW et Audi, un logiciel qui permettrait de contourner la législation concernant la réglementation en matière d'émissions.

"Des têtes vont tomber"

L'affaire risque de porter atteinte aux finances de VW, et les responsables vont devoir répondre de ces faits. Des têtes vont certainement tomber chez Volkswagen une fois qu'il sera établi qui chez le constructeur automobile allemand était responsable de la falsification des tests d'émission des voitures diesel du groupe aux Etats-Unis, a déclaré mardi Olaf Lies, ministre de l'Economie du Land de la Basse-Saxe. " Je suis sûr que cela aura des conséquences pour les personnes concernées, cela ne fait même aucun doute", a déclaré à la radio Deutschlandfunk Olaf Lies, qui siège au conseil de surveillance de Volkswagen.

L.M avec agences