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Comment Air France veut revenir dans la course

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La compagnie devait entamer lundi une renégociation des accords d’entreprise avec les syndicats, qui ont finalement décliné l'invitation. Le dialogue reste un enjeu crucial pour la direction, qui estime que sa survie passera par une meilleure compétitivité.

D'importantes négociations devaient débuter ce lundi chez Air France. La direction de la compagnie aérienne avait en effet convoqué les syndicats pour lancer la renégociation des accords d'entreprise, un vaste chantier après une année de conflits sociaux majeurs. Une réunion que les représentants du personnel ont indiqué qu'ils boycotteraient. 

La direction, elle, propose par communiqué de fixer une nouvelle date de rencontre. Elle ne compte pas abandonner avant d'avoir obtenu ce qu'elle souhaite: la signature d'accords de compétitivité.

Le message est clair: la réforme, ou la clé sous la porte. Alexandre de Juniac n'y va pas par quatre chemins. Son entreprise doit accélérer sa mutation car, selon lui, sa survie est en jeu. Il compte donc demander aux syndicats de renégocier tous les accords d'entreprise, avec un mot d'ordre: compétitivité.

La méthode de Juniac dénoncée par les syndicats

Sauf que ces derniers ne l'entendent pas de cette oreille, et ont préféré décliner l'invitation. En cause, la "méthode" du PDG d'Air France-KLM, qui a annoncé cette réunion "à la place du président d'Air France, par voie de presse et pendant le scrutin des élections professionnelles de la compagnie Air France".

En outre, les principaux syndicats estiment que cette réunion, fixée "quelques heures avant le comité de nomination qui examinera son renouvellement à la tête de la holding", "répond à des enjeux qui ne sont pas ceux de la Compagnie Air France et de ses salariés".

Profiter du déclin de la CGT

Un coup dur pour la direction d'Air France, qui aurait notamment pu s'appuyer sur un nouveau paysage syndical. Les élections du personnel ont en effet signé le déclin de la CGT, et la montée en puissance des syndicats réformistes. Une aubaine pour passer à la suite de son plan stratégique, qui passera par une réduction des coûts et une meilleure productivité de ses personnels.

Le principal argument de la direction réside dans le fait que la compagnie est dans une compétition mondiale, qui met à dure épreuve son modèle social. Cependant, une partie des syndicats dénonce depuis plusieurs mois des efforts jugés inéquitables. La direction va donc devoir les convaincre d'en faire encore plus, afin de voir les premiers accords signés à la fin de l'été. Mais les premiers échanges entre les deux parties n'incitent guère à l'optimisme.

Isabelle Golentz avec AFP