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Cette nouvelle ligne ferrée SNCF qui fait enrager les cheminots

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La première ligne tram-train inter-banlieue, dont la rame Alstom a été présentée jeudi, sera exploitée par une filiale de Keolis (groupe SNCF), employant des conducteurs sous contrat privé, au grand dam de la CGT-Cheminots.

La future ligne tram-train qui circulera en juillet 2017 en Seine-Saint-Denis, sera une première à double titre. Ce sera une étape importante du "grand Paris" avec cette première ligne ferrée urbaine de banlieue à banlieue, baptisée Tram11 Express. Les 42.000 voyageurs attendus parcoureront les 11 kilomètres séparant Le Bourget et Épinay-sur-Seine en 15 minutes au lieu de 45 minutes actuellement à bord de rames modernes de la gamme Citadis Dualis d'Alstom, présentées hier jeudi 15 septembre 2016.

La région Île-de-France a confié en 2015 l'exploitation de cette ligne ferrée à la SNCF, encore en situation de monopole sur le réseau ferré national. "Il n'y a pas eu d'appel d'offres à proprement parler" nous a confirmé le STIF (syndicat des transports d'île-de-France).

En revanche, ce qui sera une autre première, c'est que la SNCF va faire exploiter cette ligne au quotidien via Keolis, sa filiale de droit privé chargée de transports urbains dans les métropoles. Alors qu'elle exploite en direct tout son réseau ferré francilien, pour cette ligne de tram-train, l'entreprise publique a créé Transkeo, filiale à 51% de Keolis et à 49% de SNCF participations. A priori, le salarié embauché n'aura donc aucune attache directe avec la SNCF. Son personnel sera sous contrat de droit privé, sans bénéficier du statut protecteur des cheminots. 

Les rames du futur tram-train de Saint-Saint-Denis seront de la gamme Citadis Dualis d'Alstom.
Les rames du futur tram-train de Saint-Saint-Denis seront de la gamme Citadis Dualis d'Alstom. © SNCF

Cette situation n'a pas manqué de faire bondir le syndicat CGT-Cheminots, toujours prompt à défendre, mordicus, le statut des conducteurs de la SNCF. "La SNCF, via son groupe (Keolis), organise sa propre concurrence en misant sur le dumping social et la privatisation de fait d’une desserte ferroviaire qui lui a été pourtant confiée. Les futurs salariés de cette filiale ne seraient effectivement pas soumis aux droits sociaux en vigueur pour les cheminots à statut au cadre permanent de la SNCF" explique l'organisation sur son site web.

Contrairement aux cheminots, dont les missions se concentrent sur la conduite des rames et la sécurité des voyageurs, les employés de Keolis, au nom de la polyvalence, peuvent être amenés à être aussi des agents commerciaux.

Le syndicat CGT-Cheminots y voit une tentative de dumping social. "Mon seul souci c'est la qualité du service. Nous serons vigilants, mais l'État étant actionnaire de la SNCF, je doute qu'il les laisse pratiquer le dumping social" a répliqué Valérie Pécresse, président (Les Républicains) de la région francilienne, dans Le Parisien.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco