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Ces loueurs de voitures dont le tarif dépend de l'origine du client

Hertz est pointée du doigt par l'UFC-Que Choisir comme le plus mauvais élève en termes de discrimination.

Hertz est pointée du doigt par l'UFC-Que Choisir comme le plus mauvais élève en termes de discrimination. - Hakan Dahlstrom - Flickr - CC

En fonction de l'endroit d'où vous réservez votre voiture de location pour rouler en Europe, les prix peuvent varier du simple au double. L'UFC-Que choisir s'insurge ce mardi contre les discriminations de Hertz, Avis et les autres.

Si vous louez une voiture pour flâner en Toscane cet été, vous feriez mieux de demander à votre ami américain de faire la réservation pour vous. Il vous en coûtera en moyenne 13% de moins que le meilleur tarif que vous auriez obtenu en réservant depuis l'Europe. L'UFC-Que choisir dénonce ce 16 juin les discriminations tarifaires des loueurs de voitures entre Européens et Américains du nord pour des locations de voitures. Elle appelle Bruxelles, le gouvernement et la direction des fraudes à intervenir.

Le magazine spécialisé indique avoir procédé à de nombreuses simulations pour parvenir à ce résultat. Les testeurs de l'association de consommateurs ont effectué des réservations depuis les plateformes d'Europcar, Avis et autres Hertz depuis les Etats-Unis et différents pays d'Europe. Ils se sont aperçus que ces entreprises ont bien lissé leurs tarifs dans tous les Etats membres de l'Europe, mais que de grosses disparités persistent selon que l'on se connecte à leur site depuis l'Amérique ou depuis le Vieux continent. 

Les Américains et les Canadiens favorisés

"Américains et Canadiens paient en moyenne 13% moins cher", et même moitié moins chez Hertz, souligne l'UFC. Une discrimination d'autant plus injuste que "le taux de décès sur les route est bien plus faible en Europe", s'indigne l'auteur de l'étude.

Le magazine établit ainsi un classement marque par marque. En tête des mauvais élèves, Hertz, chez qui un consommateur américain paiera 184,50 euros la semaine de location d'une voiture de base, quand un Européen se verra facturer 295,30 euros. Avis, ne fait pas non plus bonne figure, en réclamant 231 euros pour la catégorie de véhicule la moins chère aux consommateurs d'Amérique du Nord, contre 292,50 euros pour ceux d'Europe. Enfin Budget fait payer 263,11 euros les habitants de l'Union, et accorde 224,60 euros à leurs lointains descendants.

Côté bons élèves, Europcar, Ada, Sixt et National Citer réclament strictement les mêmes prix, à la virgule près, qu'on réserve d'un côté ou de l'autre de l'océan Atlantique.

Des inégalités entre régions françaises

A l'été 2014, la Commission européenne, alertée par plusieurs plaintes de consommateurs, avait enjoint six loueurs de voitures à mettre fin aux différences de prix qui existaient cette fois entre pays européens. Selon l'origine de leur adresse IP, les tarifs pouvaient en effet varier du simple au double au sein du marché unique.

L'UFC admet dans son étude parue ce mardi que les loueurs ont montré patte blanche à ce sujet. Mais elle note que des inégalités persistent entre continent, mais aussi à un niveau très local: entre régions françaises. Ainsi, un Corse, un résident de Provence-Alpes-Côte d'Azur ou un Francilien paiera parfois 100 euros de plus qu'un habitant des Pays de la Loire ou du Rhône-Alpes (441 euros les 10 jours en moyenne, contre 328 euros). L'association calcule un différentiel de près de 35% entre le prix moyen le plus élevé et le moins onéreux, au sein même de l'Hexagone.

Que Choisir s'attaque enfin aux frais réclamés par les loueurs, qu'elles jugent injustifiés, comme la surcharge de 8 euros en moyenne pour inscrire un conducteur supplémentaire sur le contrat ou la facturation des dossiers pour amende dont le montant n'a rien à voir avec le coût de gestion pour le loueur.

N.G.