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Ces entreprises qui "profitent" des pics de pollution

Paris a atteint un pic de pollution depuis vendredi 20 mars.

Paris a atteint un pic de pollution depuis vendredi 20 mars. - Patrick Kovarick - AFP

Pour faire baisser le niveau de la pollution dans la capitale, le gouvernement a opté pour une circulation alternée. Un choix qui fait le bonheur, entre autres, des loueurs de voitures.

La circulation alternée est une réponse (rare) à une pollution exceptionnelle. Elle est entrée en vigueur ce lundi 23 mars à 05h30 et pour toute la journée à Paris et en proche banlieue, avec 750 policiers mobilisés pour contrôler l'autorisation de rouler donnée aux seules plaques impaires.

Et cette disposition fait les affaires de certains, notamment des loueurs de voitures. En effet, ils proposent à leurs clients des véhicules équipés de la bonne plaque d'immatriculation. Pratique en cas de circulation alternée! Alexandre Woog, patron d'e-loue, explique que l'an passé, son entreprise de location entre particuliers a eu "environ trente fois plus de demandes qu'un jour classique". Et de préciser qu'à raison de 30 à 40 euros par jour de location, il peut s'attendre à un chiffre d'affaires de 100 à 150.000 euros: "On rend service aux utilisateurs donc ils sont contentes de notre marque et nous, ça fait grossir notre chiffre d'affaires. Tout le monde est content".

Le frein, grand pollueur

Les loueurs de voiture ne sont pas les seuls que ce pic de pollution met en joie. La start-up Tallano y voit également une source potentiel de profit, à plus long terme. Elle a en effet inventé un système qui permet d'aspirer les microparticules émises par les plaquettes de frein, lorsqu'elles frottent sur les disques.

"Un frein rejette 5 à 6 fois plus de particules qu'un pot d'échappement sur un véhicule neuf. Un frein c'est 30 milligrammes de microparticules par kilomètre parcouru.

Un pot d'échappement c'est 5 milligrammes", explique le président de Tallano, Christophe Rocca-Serra. Et de souligner que ce système se monte très facilement, soit sur des véhicules neufs, soit sur déjà existants. Mais cette technologie est en cours d'industrialisation. Il faut attendre 2016 pour voir les premières applications.

A l'étranger aussi, les entreprises se préoccupent aussi de la pollution qui touche encore plus les grandes métropoles des pays émergents que Paris. Ainsi, au Mexique, la façade d'un hôpital a été recouverte de dioxyde de titane. Ce composant chimique a une particularité : quand il est contact de la lumière du jour, il absorbe et neutralise certains éléments toxiques que l'on respire.

Par une réaction chimique, il les transforme en sel et en eau. Une sorte de filtre anti-pollution installé à même le bâtiment. Cette seule façade de 2.500 mètres carrés serait capable d'annuler les effets de la pollution de 1.000 voitures.

Et ce n'est pas la seule expérience. Le pavillon italien de l'exposition universelle de Milan va être construit en utilisant un ciment biodynamique, qui intègre lui aussi du dioxyde de titane, qui peut aussi équiper les routes, les trottoirs et demain pourquoi pas nos vêtements. Certains chercheurs estiment qu'en incorporant ce composant dans la lessive, chacun d'entre nous pourrait potentiellement devenir un mur anti-pollution.

D. L.