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Ces contribuables allemands qui vont payer cher le scandale Volkswagen

L'usine de Volkswagen à Wolfsburg

L'usine de Volkswagen à Wolfsburg - Mathias Apltz - Flickr - CC

En raison du coût financier du "dieselgate", les municipalités où le géant allemand a ses usines voient la manne fiscale se réduire comme peu de chagrin. Et le pire est à venir. Du coup, elles doivent augmenter les impôts, les tarifs des services publics ou supprimer des aides.

C'est ce que l'on appelle l'effet papillon: quand la plus grande entreprise d'Allemagne va mal, ses salariés et ses actionnaires ne sont pas les seuls à voir le ciel se noircir. Car Volkswagen n'est pas que le premier employeur privé du pays. Il est aussi le plus gros contribuable dans de nombreuses villes d'outre-Rhin.

Or le scandale des moteurs truqués va peser gros sur la rentabilité du premier constructeur automobile européen du fait des contreparties financières qu’il va devoir payer. Or qui dit moindre rentabilité dit aussi moins d’impôts locaux à payer. Selon les calculs de l'institut allemand pour l'économie cités par Bloomberg, le manque à gagner, pour la seule taxe professionnelle, serait de 3 milliards d'euros, en cumulé, pour 2016 et 2017.

Une somme qui s'ajoute au 1,2 milliard que Volkswagen n'a pas eu à payer, dès 2015, aux collectivités locales où il est implanté, chiffre cité par le Handelsblatt, sur la base de rentrées fiscales qui atteignaient 2 milliards d'euros en 2014.

Les villes où sont sises les usines ou les centres de R&D du groupe doivent donc trouver urgemment de nouvelles ressources financières.

Chiens, crèches et cimetières

La pilule est particulièrement amère pour Wolfsburg (125.000 habitants), siège historique. Volkswagen y emploie 70.000 personnes et payait, à lui seul, la moitié du budget municipal. La ville a annoncé dès septembre 2015 qu'elle était obligée de suspendre plusieurs projets et de geler toutes les embauches.

Les contribuables vont eux aussi devoir se serrer la ceinture. La municipalité a décidé de relever les taxes foncières (en Allemagne, il n'y a pas de taxe d'habitation). Une première depuis 20 ans. Wolfsburg a aussi augmenté la contribution des familles les plus aisées au financement des crèches. Les propriétaires de chiens se sont même vus imposés une hausse supérieure à 20% de la taxe sur la détention de leur animal préféré. Les automobilistes paient plus cher le stationnement de leurs véhicule et les nageurs, l'accès aux piscines publiques.

Mais Wolfsburg n'est pas la seule ville à mettre ses citoyens à contribution. À Brunswick, où Volkswagen possède une usine employant 5.700 employés, la municipalité également augmenté les impôts fonciers et les tarifs des parking, mais elle a en plus alourdi de 20% la commission prélevée pour l'entretien des cimetières. Au total, 6,24 millions d'euros de taxes ont été votées.

Fin des cadeaux

Les conséquences sont également lourdes aussi pour les quelque 7.500 habitants de Weissach dans le Bade-Wurtemberg, où est situé un gigantesque site de R&D de Porsche (filiale de Volskwagen) employant 5.500 personnes. En 2014, ce centre rapportait à la ville 70 millions d'euros de taxe professionnelle. Cette année, elle devra se contenter de 1,5 million. Si la commune dispose d'importantes réserves lui permettant de ne pas boire la tasse, elle ne peut continuer à se montrer aussi généreuse que par le passé avec ses concitoyens. Elle a ainsi supprimé l'aide versé aux familles achetant leur logement sur le territoire de la commune. un coup dur pour les locataires: cette subvention atteignait 5.000 euros par enfant.

J.M.