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Carlos Tavares, élu manager de l’année aux BFM Awards 2019

Lors de la 15e édition des BFM Awards, Carlos Tavares a été élu manager de l’année. De quoi récompenser l'impressionnant redressement du groupe automobile, qui était au bord de la faillite lors de son arrivée en 2014.

Pilote, "car guy", et bientôt PDG du 4e constructeur mondial, Carlos Tavares a été sacré "manager de l’année" ce jeudi lors de la 15e édition des BFM Awards. Le patron de PSA succède au palmarès à François-Henri Pinault, à la tête du Groupe Kering. Et à regarder les derniers résultats de PSA, le groupe automobile n’a rien à envier au géant du luxe hexagonal.

En 2018, PSA a réalisé des résultats historiques, avec un chiffre d’affaires de 74,027 milliards d’euros (+19%), la division automobile PCD (Peugeot Citroën DS) a elle enregistré une marge opérationnelle de 8,4%. Un taux qui flirte avec ceux des marques premium. Résultat: les actionnaires se sont vus proposer le versement d'un dividende, les salariés ont eux touché une prime de 3.180 euros bruts. En un peu plus de cinq ans, la "méthode Tavares" semble avoir donné une nouvelle jeunesse à un groupe passé pas loin de la faillite à son arrivée au 1er janvier 2014.

"Psychopathe de la performance", comme il se surnomme, rappelait récemment Les Echos, Carlos Tavares a travaillé d’arrache-pied pour rationaliser usines et gammes produits, mettre l’accent sur les marges, et pas seulement sur les volumes, tout en sortant Peugeot et Citroën d’Europe. Les noms de ses plans performance font écho à sa passion de la course automobile: "Back in the race" en 2014, "Push to pass" en 2016, et un redressement en moins de cinq ans. Soit la durée de vie commerciale moyenne d’un nouveau modèle sur le marché automobile.

Rachat surprise d'Opel en 2017

Quand les premières critiques ont pu se faire entendre en interne, notamment sur les cadences de travail soutenues, PSA avale l’allemand Opel en 2017. De quoi grossir en Europe, pour pallier les grosses déconvenues en Chine et en Amérique Latine? Il faut en fait grossir tout court, et trouver de nouveaux relais de croissance sur d’autres marchés pour faire face aux défis de l’électrification et de la fin du diesel, de la voiture connectée et autonome, des nouveaux services de mobilité. Carlos Tavares le répète à l’envie: PSA peut s’allier.

"Sur le plan de notre capacité à être maître de notre destin, par l'investissement dans les technologies qui sont nécessaires, la position du groupe PSA aujourd'hui est une excellente position", nous confiait-il en septembre au salon automobile de Francfort.

Une fusion géante avec Fiat Chrysler en cours

Avec une année 2018 financièrement historique et une gamme technique (plateforme, moteur) reconnue par ses pairs, le timing semble alors parfait. Ou presque. Renault discute avec Fiat, le partenaire naturel (évoqué) depuis des années de PSA. A côté des tergiversations de l’Etat français, un "mémo" de Carlos Tavares circule dans Paris. Il pointe les insuffisances du mariage Renault/Fiat. La légende retiendra que c’est l’une des raisons principales du capotage du projet de l’italien avec la firme au losange. Le 30 octobre, PSA et Fiat Chrysler Automobiles ont confirmé des négociations afin de fusionner les deux groupes.

"Mon expérience serait bonne pour n'importe quel constructeur. Pourquoi pas GM? Je serais honoré de diriger un groupe comme celui-là ", confiait Carlos Tavares à Bloomberg en août 2013, au moment de son départ de Renault.

Selon toute vraisemblance, c’est un autre groupe (franco-germano-italo) américain que dirigera bientôt Carlos Tavares.

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Pauline Ducamp