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Carlos Ghosn ne veut pas d'une hausse du diesel

Carlos Ghosn s'est dit défavorable à une hausse de la fiscalité du diesel, lundi 4 mars.

Carlos Ghosn s'est dit défavorable à une hausse de la fiscalité du diesel, lundi 4 mars. - -

Le patron de Renault-Nissan s'est dit défavorable à une hausse de la fiscalité sur le diesel, lundi 4 mars. Selon lui, la compétitivité des constructeurs européens serait impactée.

Carlos Ghosn se veut prudent, mais le message est clair. Le PDG de Renault-Nissan n'est pas favorable à un alourdissement de la fiscalité sur le diesel, alors que le sujet fait débat depuis quelques jours au sein même du gouvernement français.

"Les gouvernements ont des déficits et doivent trouver de l'argent et ils regardent la moindre opportunité de le faire", a-t-il ainsi déclaré à des journalistes, lundi 4 mars, à la veille de l'ouverture à la presse du salon automobile.

Depuis Genève, le patron du constructeur automobile a précisé sa pensée. "Les constructeurs automobiles européens ont un avantage technologique dans le domaine du diesel", selon lui. "Au moment où l'Europe s'enfonce dans une crise, est-ce vraiment le moment de réduire la compétitivité du diesel en changeant les règles?"

Mais Carlos Ghosn a semblé résigné. "Nous n'y sommes pas favorables mais au final, ce sera aux gouvernements de trancher", a-t-il conclu.

Pertes de recettes pour l'Etat

Le gouvernement français réfléchit actuellement à sortir de la politique du tout diesel, qui pose un problème de santé publique, mais les avis divergent entre les ministres.

Les ministres de l'Ecologie, Delphine Batho, et du Logement, Cécile Duflot, mettent en avant les 40.000 décès annuels dus aux particules fines, tandis que leur collègue du Redressement productif, Arnaud Montebourg, s'inquiète de mesures qui privilégieraient les voitures construites à l'étranger.

Un récent référé de la Cour des comptes, rendu public le 1er mars, pointe du doigt la perte de recettes pour l'Etat due aux allégements et exonérations de taxes sur le diesel et le kérosène. Ils s'élèveraient à près de sept milliards d'euros par an.

Y.D.