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Bouygues puise dans les réserves d’Alstom

Alstom n’a pas pu refuser à Bouygues de compenser l’échec de sa fusion avec Siemens.

Alstom n’a pas pu refuser à Bouygues de compenser l’échec de sa fusion avec Siemens. - Philippe HUGUEN / AFP

Le groupe ferroviaire a dégagé un bénéficie de 681 millions d’euros en 2018. Mais il préfère distribuer 1,3 milliard d’euros de dividendes au détriment de sa croissance.

Alstom est trop petit pour rivaliser avec le chinois CRRC. Voilà le leitmotiv entendu pendant toute l’année 2018 par la direction du groupe ferroviaire pour justifier sa fusion avec l’Allemand Siemens. Depuis que la Commission européenne l’a retoquée, son PDG Henri Poupart-Lafarge répète qu’Alstom peut très bien vivre seul. Difficile d’y voir clair.

D’autant que le groupe ne cache pas devoir grossir à l’avenir et qu’il vise déjà des acquisitions ciblées en Europe et en Asie. Il aurait pu compter sur un bénéfice qui a quasiment doublé à 681 millions d’euros l’an passé. Mais Alstom a préféré tout reverser à ses actionnaires. Et même plus, deux fois plus, puisque le groupe va distribuer 1,3 milliard d’euros de dividendes dont 350 millions d’euros au premier d’entre eux, le groupe Bouygues (28%).

Ses réserves ont déjà fondu de moitié

Alstom a ainsi dû puiser dans ses réserves pour satisfaire l’appétit de ses actionnaires. Depuis l’an passé, le groupe dispose d’un trésor de guerre de 2,6 milliards d’euros grâce à la cession de coentreprises dans l’énergie à General Electric. Cette enveloppe avait été sanctuarisée par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg en 2015, lorsque le groupe américain avait racheté Alstom Energie. L’objectif était que la branche Transport conserve des liquidités pour financer sa croissance par des acquisitions.

Quatre ans plus tard, cette « enveloppe » a déjà fondu de moitié. La direction d’Alstom n’a pas pu refuser la volonté de Bouygues de compenser l’échec de sa fusion avec Siemens. Si elle avait eu lieu, les actionnaires auraient touché 1,8 milliard d’euros de dividendes dont 500 millions pour le groupe de BTP. Il reste donc 1,3 milliard d’euros à Alstom pour financer des acquisitions. Une croissance indispensable pour grossir face à la concurrence du chinois CRRC. Ce ne sera sûrement pas assez.