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Blocage du fret entre la Corse et le continent

L'ancien président du port autonome de Marseille Christian Garin voudrait reprendre la SNCM

L'ancien président du port autonome de Marseille Christian Garin voudrait reprendre la SNCM - -

Le syndicat professionnel des transporteurs corses a mis en place ce dimanche 5 janvier un blocage du fret pour protester contre la grève à la SNCM, qui dure depuis mercredi.

Le blocage de tout transport de fret entre la Corse et le continent, pour protester contre la situation créée par la grève à la SNCM, a démarré dimanche 5 janvier au matin comme prévu, a indiqué à l'AFP le président du syndicat professionnel des transporteurs corses Jean-Marie Maurizi.

Ce syndicat a demandé à la compagnie privée Corsica Ferries, la seule qui assure aujourd'hui des traversées, de ne pas embarquer de marchandises.

Joint par l'AFP, un porte-parole de Corsica Ferries a confirmé avoir reçu une telle demande et avoir l'intention de s'y conformer.

"Pied d'égalité"

Si ce mot d'ordre n'est pas respecté, des actions plus dures sont envisagées, précise le syndicaliste, évoquant le blocage des "ports, de ronds-points ou de Bastia".

Les transporteurs protestent contre la situation engendrée par la grève de la SNCM, ainsi que de la Méridionale, débutée mercredi, et qui oblige les transporteurs à utiliser les services de la Corsica.

"Nous comprenons que les transporteurs qui travaillent habituellement avec la Corsica continuent à le faire, mais on constate que les autres transporteurs restent à quai", malgré l'annonce par la compagnie privée de bateaux supplémentaires, insiste Jean-Marie Maurizi.

"S'ils s'engagent à mettre des bateaux supplémentaires, il faut qu'ils s'en tiennent à l'engagement qu'ils ont pris", souligne-t-il.

La décision de l'arrêt du fret pour tout le monde a donc été prise "pour mettre tout le monde sur un pied d'égalité", justifie-t-il.

Selon Jean-Marie Maurizi, la Corse est cependant loin d'un début de pénurie, bien que tous les produits consommés en Corse viennent du continent.

La principale marchandise originaire de l'île victime de ce blocage devrait être la clémentine, dont la saison bat son plein.

"La grève de trop"

Le président de l'Office des transports de Corse (OTC) Paul-Marie Bartoli est lui monté au créneau en dénonçant auprès de France 3 Corse "la grève de trop" du duo SNCM-Méridionale, qui a remporté la délégation de service public (DSP) de la desserte de la Corse pour la période 2014-2023.

"Il faut que cette grève cesse", a tonné M. Bartoli, qui "demande instamment un peu plus de reponsabilité aux organisations syndicales".

Pour lui, "c'est le service public qui est en cause. Dès lors qu'il n'est plus fiable, on peut se poser beaucoup de questions. (...) Nous exigeons que le service soit fait. S'il n'est pas fait, nous ferons les retenues qui sont prévues à la DSP."

Selon France 3, l'OTC a également demandé par écrit la mise en place d'un service minimum aux deux compagnies CMN et SNCM, un "service social et solidaire", prévu dans la dernière convention de DSP, et qui doit s'appliquer dès le cinquième jour de grève.

Offre de reprise

Par ailleurs, l'ancien président du port autonome de Marseille Christian Garin a fait part de son intérêt pour une reprise de la SNCM, a indiqué le Journal du dimanche.

Le JDD affirme que Christian Garin, par ailleurs patron du syndicat des armateurs français et descendant des propriétaires des croisières Paquet, aurait à ses côtés le norvégien Siem Industries. Ce dernier est présent notamment dans le secteur parapétrolier avec l'entreprise Subsea 7, et dans le transport maritime (navire frigorifique et automobiles).

Ces informations sont publiées alors que les salariés de la SNCM ont reconduit samedi pour 48 heures la grève qu'ils mènent depuis mercredi. De nouvelles assemblées générales sont prévues lundi en début de matinée pour décider des suites du mouvement.

J. H. avec AFP